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Sund vous observe...
 

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 Une soupière à la mer !

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Samain Sidhorin


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Âge du peronnage : 18 ans
Localisation : En vadrouille ~
Métier/Occupation : Garçon de cuisine/serveur à Ahea
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MessageSujet: Une soupière à la mer !   Sam 5 Nov - 22:51

Samain poussa un profond soupir et passa une main sur son front en sueur. Pouf, il était épuisé ! Il fit rouler une épaule, puis l’autre… Les mécanismes avaient l’air d’être encore bien engrenés, qui l’eut cru ? Après avoir porté un machin pareil ! Il lança un regard circonspect à la caisse de bois qu’il venait de porter du navire jusqu’au hangar… Qu’est-ce qu’il pouvait bien y avoir dedans pour que ce soit lourd à ce point ? Mystère qui le resterait, son boulot c’était juste de décharger les caisses, pas de les fouiller. Dommage. Ca serait bien ça, de fouiller les caisses, bien plus intéressant que de les porter… Mais sans doute faudrait-il faire parti des sbires de Sund, ou en tout cas de dépendre de l’un d’eux et ça… Erk, rien que d’y penser, Samain tira la grimace. Il s’apprêtait à profiter d’être tout seul pour prendre une pose et s’asseoir sur son fardeau (ce pourrait faire un belle métaphore, ça tiens…) mais un autre employé entra, pareillement chargé. Ca ferait pas sérieux de s’asseoir maintenant… Diantre…

- Il en reste encore ? lança le garçon à son collègue
- Non, Tom et Jerry ramènent les deux dernière, répondit l’autre essoufflé en posant la caisse, c’est fini pour aujourd’hui.

Le Sidhorin retint un hurlement de joie, salua sa lumière du jour et galopa jusqu’au lieutenant du Warner pour se faire payer sa dure matinée de labeur ! Pas chère, mais c’était déjà ça. C’est que cinq bouches d’ogre à nourrir plus un toit troué à payer, c’était pas rien… Il eut un sourire goguenard en se rappelant de ce qu’avait trouvé Cernu pour rentabiliser son jour de congé : surveiller les marmots insupportables de la voisine… De vrais monstres. Certes pas pire que sa fratrie de taré mais ils en tenaient un bon bout et le garçon préférait largement se distendre les muscles des bras plutôt que de se faire perforer les tympans -pour la sentence la plus douce.

Son gain en poche, il décida de faire un petit tour du port, des fois qu’on ait besoin de quelqu’un pour une tâche quelconque, ou tout simplement pour reprendre son souffle et se détendre.
Zieutant partout autour de lui comme le grand curieux qu’il était, il crut reconnaître une silhouette marchant dans sa direction. Ah mais oui ! C’était la jeune chanteuse d’Ahéa ! C’était quoi déjà son nom… ? Un truc qui sonnait sympa genre… Vacances, Dimanche… Férié. Oui c’est ça : Fairië ! S’il n’avait pas de meilleur moyen mnémotechnique ? Mes amis nous parlons d’un Samain épuisé par trop de manutention !
Bref, il connaissait de façon très légère la donzelle : il faut dire qu’à peine engagée, la pauvrette s’était retrouvée avec une soupière sur la figure. Tiède, heureusement, n’empêche que la maladresse de Samain n’avait pas dû lui attirer beaucoup de sympathie et quand bien même ils s’échangeaient bonjours et aurevoirs lorsqu’ils se rencontraient dans l’auberge…
Bah, il allait devoir la croiser de toute façon, autant la saluer !

- Salut Fai’ ! fit-il avec entrain en lui adressant un grand sourire à faire fondre les deux pôles, dis-moi, tu saurais pas si ça embauche par là ?

Et il indiqua du doigt la direction d’où venait la jeune femme. Alors… Finalement… Elle lui en voulait ou pas, pour cette soupière ?
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Fairië Lomé


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MessageSujet: Re: Une soupière à la mer !   Dim 6 Nov - 15:08

Un animalia mollusca cephalopoda coleoidea octobrachia hapalochlaena … rien que ça ! Non mais comment allait-elle trouver cette bestiole ? Ce n’est pas comme si ça poussait n’importe où ?
Une journée, c’est le temps qu’il lui fallu pour traduire cette maudite mixture linguistique par une dénomination accessible à son entendement : hapalochlaena maculosa, soit une pieuvre aux anneaux bleus. Mais pourquoi les savants éprouvaient t-ils toujours le besoin d’étaler leur science avec des mots compliqués ? C’était à y perdre son latin ! Cette petite bestiole d’une dizaine de centimètres lui était indispensable à la concoction d’un redoutable poison. Enfin, elle espérait qu’il serait redoutable … Cependant, d’après son livre de chevet morbide de ces deux derniers jours, avec la toxine de cette pieuvre, il ne pouvait qu’être efficace.
Le souci c’est que le venin de ce céphalopode schtroumpfique restait introuvable dans ses boutiques habituelles, officielles ou illégales. Rupture de stock … comment était-ce possible ? Il ne lui restait plus qu’à trouver elle-même l’animal et à en extraire le poison, risque important si l’on considère qu’une seule petite morsure peut tuer.

Peu attirée par un voyage touristique dans les limbes, Fairië décida d’aller au port demander à quelques marins s’ils n’auraient pas récemment croisés une petite demoiselle octopodiforme bleue, inerte si possible. Enfin demander … plutôt montrer le joli dessin tout bien colorié qu’elle s’était appliquée à faire le matin même.
Depuis deux heures qu’elle arpentait le port de long en large, rien. Sa proie était soit timide, soit dépositaire d’un instinct lui permettant d’échapper à toute forme humanoïde armée d’un filet ou d’une épuisette ; c’était bien sa chance !
Refusant de perdre espoir la jeune fille continuait de fouler les docks lorsqu’elle entendit son nom.

Un homme jeune, habillé de vêtements qui ne ressemblaient à rien, la salua. Un visage avenant sans le moindre doute, et un sourire tellement chaleureux ! Il rayonnait. Attendez ... chaleureux, ce mot éveillait en elle une alarme l’alertant de quelque chose d’important en rapport avec le personnage devant elle. Chaleureux … chaleur … chaud … soupe … soupière … ah ! Elle y était, la soupière ! Aussitôt toutes les informations utiles lui revinrent en mémoire :

Samain Sidhorin : Personnage de sexe masculin, d’origine yolienne. Serveur à l’auberge Ahéa. Collègue antipathique ou maladroit, ayant tenté de m’immobiliser par l’intermédiaire d’une soupière. Obligation de lui reconnaître une originalité certaine dans le choix de ses armes. Attitude à adopter : méfiance.

Samain, pas gêné le moins du monde, poursuivit sur sa lancée, lui demandant s’il y avait du travail disponible à l’autre bout du port. Gonflé le bonhomme …

Fairië s’approcha d’un air renfrogné. Se campant solidement devant lui, elle lui saisit un doigt de la main droite entre son pouce et son index et observa attentivement la main, s’assurant qu’elle ne contenait pas plus de danger que sa large manche de pull trop grand. Lâchant précautionneusement sa prise, elle procéda de la même façon avec l’autre patte. Bien, il n’était pas armé et rien autour d’eux ne ressemblait à un outil culinaire. Ouf … elle respirait enfin. Mais il l’avait quand même coiffé d’une soupière ! Un manque de goût aussi radical dans le choix d’un couvre-chef ne pouvait révéler qu’un individu lamentable non ? Surtout qu’il ne lui avait même pas laissé son chapeau d’infortune pour se faire pardonner … quel rustre !

Bon, c’est vrai qu’il faisait plus maladroit que méchant.

Pour être vraiment honnête, il avait même l’air franchement sympathique.

Oh lala, misère de misère, elle sentit ses commissures de lèvres remonter dangereusement. Reste concentrée Fairië tu DOIS lui montrer que tu fais la tête ! Il t’a tout de même balancé une soupière !
Qu’il ne t’a même pas donné, c’est impardonnable !!!
Grossier personnage, goujat, malotru, maroufle, mèche de rebelle de la magnifique chevelure d’Uen, arthrite de la main droite de Recal Citran !

Peine perdue …

Après tout, il avait quand même fait attention à ne pas lui jeter n’importe quel récipient dans les cheveux ! C’était une belle soupière en argent (ou argenté en tout cas). Et puis la soupe à la tomate se répandant abondamment sur son bustier bleu nuit l’avait tout de même éveillée à la beauté de ses deux couleurs associées. C’était d’ailleurs grâce à cet incident qu’elle portait aujourd’hui une tunique rouge et un pantalon bleu. Tout bien réfléchi il lui avait probablement rendu service …
Rassérénée, la jeune fille révéla à l’énergumène devant elle un visage plus cordial. Impossible cependant de répondre à sa question, le soleil était haut sa bouche resterait donc close. Hors de question de se ridiculiser devant son collègue, s’il racontait son handicap toute la taverne se ficherait d’elle ce soir !
Réfléchissant à ce qu’elle pouvait faire, elle distingua soudainement une ampoule s’éclairer au-dessus de sa tête. Mais bien sûr ! Samain cherchait du travail et elle avait en poche l’argent pour acheter sa bestiole. Avec un peu de chance, il accepterait de l’aider dans sa quête de céphalopodes !

Saisissant son papier dans une main et son stylo dans l’autre, elle écrivit soigneusement « Recherche » au-dessus de son dessin, « 1 Un » en-dessous, et le brandit devant Samain, munie de son plus joli sourire. Pourvu qu’il accepte !



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Samain Sidhorin


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MessageSujet: Re: Une soupière à la mer !   Dim 6 Nov - 17:10

Ala façon dont Fairië se campa devant lui avec la mimique de l’écureuil a qui on a piqué ses noisettes préférées, Samain crut bon de décider qu’elle se souvenait manifestement plutôt bien de la soupière voltigeuse… Pff ! Encore une fille rancunière ! Quoi, c’était pas la mort ! Il l’avait simplement un peu ridiculisée devant les clients... Il avait aussi massacré son bustier. Et puis la soupe à la tomate c’est pas la meilleure matière qu’on aime recevoir sur la figure. Et ça sent mauvais. Et il avait à peine pris le temps de s’excuser, se contentant de reprendre la vaisselle de sur charmant socle et de courir vers les cuisines où le chef hurlait depuis dix minutes. Bon d’accord, elle avait de quoi lui en vouloir un petit peu… Mais c’était du passé, hein ?

Hein ? Son sourire amical prit une petite inflexion penaude absolument irrésistible, sans qu’il le fasse exprès en plus, le sale môme. Au pire il s’excuserait un peu plus officiellement. Et… euh… Qu’est-ce… Que… Quoi ?

Samain regarda d’un air d’abord tout à fait mort, à défaut de savoir quelle expression prendre, la donzelle saisir son indexe et le lever à hauteur de ses yeux. Puis, alors qu’elle le relâchait, il prit un air interloqué et lorsqu’elle réitéra l’opération sur son autre main, il fut tout à fait curieux. Qu’est-ce qu’elle fabriquait ? Elle pensait qu’il lui avait volé quelque chose ? M’enfin surement pas ! Ou bien son pardon passait par un examen des ongles sales… ? Il n’était pas près de se faire pardonner, sortant d’un boulot un peu salissant…

Etonné, la moue interdite et les mirettes agrandies par les questions, il devint carrément sceptique lorsqu’il crut déceler un frémissement à la commissure des lèvres de la chanteuse… Alors quoi, elle voulait rire ? Ou hurler ? Ou pleurer ? Ca avait un rapport avec ses ongles ? Le garçon examina l’extrémité de ses doigts puis se renfrogna. Qu’est-ce qu’elle avait cette fille ? Et pourquoi fallait-il qu’il ne rencontre que des nanas bizarres ces temps-ci ?! A croire que les filles normales ça n’existait plus ! Ou ça n’avait jamais existé… ? Oui en y repensant, quand est-ce que dans sa vie entière il avait rencontré une fille normale… ? Samain, le regard dans le vague, se mit à faire l’inventaire de toutes ses connaissances féminines, cherchant la perle rare de la banalité, quand le suspense de la commissure des lèvres de Fairië prit fin.

Elle lui céda un visage avenant qui déboussola complètement notre jeune Sidhorin. Il en fit un pas en arrière et songea même à la planter là et partir mais la curiosité l’ancrait dans le sol. Qu’est ce que signifiait tout ce manège ? Et… Bah voilà autre chose, qu’est-ce qu’il lui arrivait maintenant ? Il la regarda griffonner sur un papier, puis regarda le papier lui-même lorsqu’elle le lui exhiba sous le nez. Waah… Un poulpe. Super. Il fallait avouer qu’elle était plus douée en dessin que lui. Ce qui n’était pas spécialement difficile, certes. Le contraire eut été ardu, d’ailleurs. Samain avisa alors les petites écritures au dessus et une ampoule fit écho à celle de Fairië au dessus de sa tête : elle lui proposait de chercher le bébête ?

Mais… Pourquoi une chanteuse d’auberge cherchait-elle un poulpe au début de l’après-midi ? Il plongea ses yeux noisettes dans ceux de la jeune fille, sans égard pour le tact, et chercha le lien crucial qui lui échappait entre elle… et le poulpe. Non décidemment, rien à faire.
Autre chose le titillait sans qu’il n’arrive à mettre le doigt dessus… Oui… Un truc pourtant évident…

- Ah ! fit-il soudain tout étonné, tu n’as plus de voix ? Comment tu vas faire ce soir ?

Mais non il ne snobait pas du tout le joli dessin qu’il lui prit d’ailleurs des mains, se l’appropriant sans demander une autorisation quelconque. Il détailla le céphalopode quelques instants… Oui… Vraiment…

- Mais pourquoi tu cherches un poulpe ?

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Fairië Lomé


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MessageSujet: Re: Une soupière à la mer !   Lun 7 Nov - 12:26

Ah, c’était bien sa veine, il n’avait pas l’air futé le monsieur. C’était pourtant simple non ? Recherche – Dessin – Récompense.
La situation lui rappela la trop célèbre citation paternelle : « Les yeux comme des soucoupes fixés sur un poulpe, cervelle de moineau et comprenette de bulot ». Jusqu’à ce jour (à marquer d’une croix dans le calendrier) elle avait pensé à un message symbolique signifiant qu’à rester trop longtemps occupé à des futilités, le risque de devenir idiot ou inintéressant s’accroissait. Comme quoi à toujours vouloir découvrir des messages partout on passe parfois à côté de l’explication évidente. Et oui, certaines personnes pouvaient réellement être obnubilées par un poulpe, et pire encore, par un dessin de poulpe ! Encore une fois Samain lui enseignait, à sa façon, des informations primordiales.
Quelques instants plus tard, une petite ampoule lumineuse apparue au dessus de la tête de Samain. Enfin ! Il revenait à la vie ! Elle ne pensait pas qu’un dessin de sa part puisse receler un tel pouvoir ; à dire la vérité elle était même plutôt fière de son effet. Vous ne le seriez pas vous si vous disposiez (peut-être) du pouvoir d’éteindre toute capacité intellectuelle humaine, simplement en gribouillant sur un papier ?! Enthousiasmée par cette découverte (scientifique, notez le bien !), elle trépigna sur place ; Oh oui ce serait fantastiiiique !

Oups, le garçon la fixait … Fairië s’immobilisa en pleine action, perché sur un pied ; avant de décider que poser les deux au sol serait probablement plus confortable… sans le moindre doute, ça l’était.
Qu’est ce qui lui prenait encore au bulot ? Voilà qu’il ne la lâchait plus du regard, décidément il avait un problème. D’abord le poulpe, maintenant elle. La prenait-il pour un poulpe ? Non benêt peut être mais quand même pas aveugle ? Remarquez, peut-être avait-elle bleuit dans la journée ? On ne sait jamais avec la magie après tout … devenir un poulpe, l’horreur !

La friperie ambulante bon marché se remit heureusement à communiquer rassurant définitivement Fairië sur la récupération de ses quelques neurones… ou pas.
Qu’il s’aperçoive (enfin) qu’elle n’avait plus de voix et ait le toupet de le faire remarquer servait plutôt ses intérêts … Mais qui pose une question nécessitant une réponse de son interlocuteur, lorsqu’il vient d’être établi qu’il ne peut parler ? Consternée, la jeune fille se prit la tête dans les mains. C’était insoluble …
Samain profita de l’ouverture pour lui arracher effrontément son œuvre d’art des mains et, histoire d’en rajouter une couche, poser une seconde question !

Ce qu’elle voulait faire d’un poulpe ? … et bien, que fait-on d’un céphalopode de manière générale ? On le mange tiens ! Cependant, si le Sire Sidhorin acceptait de l’aider, pensant devoir attraper un inoffensif fruit de mer, il risquait de se faire mordre et de mourir du poison. Il fallait absolument lui faire comprendre l’utilisation qu’elle comptait faire de la bestiole pour qu’il appréhende le danger.

Les sourcils froncés, la jeune empoisonneuse réfléchit quelques minutes … les mimes ! Bien sûr les mimes ! Attrapant Samain par les deux bras, elle le tourna dos au soleil afin qu’il ne loupe rien du premier acte.
Se plantant à deux mètres devant lui, le sourire machiavélique aux lèvres, elle agita alors ses bras à grands renforts de moulinets, symbolisant le jet de produits dans un chaudron. (Le rictus diabolique était un signe évident de la dangerosité du contenu). Décelant une lueur d’intelligence dans le regard de son spectateur, elle passa à l’acte deux : bondir en dessinant des cercles avec les bras, représentation de la fumée épaisse se dégageant du chaudron. Elémentaire non ? L’acte trois s’ensuivit donc presque immédiatement (après une vingtaine de sauts, ben quoi c’est sacrément marrant de sauter non ?), agrippant sa gorge avec les deux mains, elle tituba quelques secondes pour s’effondrer au sol dans un râle déchirant.
Gisant sur le sol les bras en croix, elle souleva une paupière. Il ne pouvait pas ne pas avoir comprit, sa prestation était parfaite ! Non ?


Dernière édition par Fairië Lomé le Jeu 10 Nov - 20:45, édité 1 fois
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Samain Sidhorin


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MessageSujet: Re: Une soupière à la mer !   Lun 7 Nov - 13:19

- En fait, t’es carrément dérangée comme fille.
Samain lâcha cette remarque sur le ton le plus naturel du monde, une constation toute bête, il aurait tout aussi bien pu lui dire « en fait, t’as les yeux bleus » c’aurait été pareil. Il songea un bref instant à applaudir comme il l'aurait fait pas instinct de survie à un spectacle de sa petite soeur mais... Franchement ?
- Et complètement nulle en mime.
M’enfin il avait quand même saisi l’essentiel : le rapport entre le poulpe et la phase finale plutôt expressive, contrairement aux moulinets de bras qui lui évoquaient un oiseau démembré ayant avalé un lombric particulièrement acide (fallait voir la tête qu’elle faisait aussi) ou les bonds explosifs qui à la rigueur pourraient être un homme s’étant assis sur des charbons ardents et invoquant la pluie… Quoi qu’il en soit, la capacité théâtrale de la jeune femme lui paraissait pour l’heure carrément dérisoire en comparaison de ce qu’il découvrait : le poulpe était mortel… Alors elle ne voulait pas le manger ? Samain avait bien entendu cru que la jeune femme voulait se cuisiner du poulpe (après tout, chacun son truc, il avait bien ramené des algues pour faire une soupe lui) mais la façon dont elle cherchait la bébête alors que les poissonniers n’étaient pas franchement dans ce quartier de la ville l’avait interpellé.

Ouais, plus ça allait, plus cette fille lui semblait illogique au possible… Pas que ça le dérangea le moins du monde, ayant lui-même grandi dans un univers totalement absurde, mais il savait d’expérience qu’il était toujours fatiguant de suivre de tels énergumènes… Rien qu’à la regarder s’agiter d’ailleurs… Pas idée d’essayer de mimer une phrase aussi… Alors qu’elle avait elle-même proposé une solution éminemment plus simple à la base.
- C’était ta seule feuille ou bien tu fais le sketch dramatique du poulpe volant amateur de lombric aux fesses grillées empoisonné juste pour la prestation ?
Et sur ce, toujours le plus aimablement du monde, Samain lui rendit le dessin, s’accroupissant à côté d’elle, histoire qu’elle puisse griffonner quelque chose de compréhensible au dos. Et ce faisant, il eut un nouveau temps d’arrêt sur la jeune femme où des théories toutes plus farfelues les unes que les autres lui vinrent à l’esprit sur l’explication et l’élément crucial qui lui dirait pourquoi, mais pourquoi ? Une chanteuse d’auberge aphone voulait trouver un poulpe ailleurs que dans une poissonnerie, poulpe mortel qui plus est… Ce qui expliquait peut-être qu’on ne le trouva pas dans une poissonnerie, remarquez… Et il n’essayait même pas de prendre en compte les deux autres actes de la scène qu’elle lui avait joué, ça en devenait carrément incohérent.

Par exemple, peut-être voulait-elle ce poulpe pour se concocter un remède de grand-mère et guérir sa voix ? Mais elle n’allait quand même pas se guérir avec un poulpe empoisonné, non ? Ah moins que ce ne soit elle qui veuille empoisonner le poulpe ? Un remède de sorcière alors ? Un genre de sabbat qui dirait un truc du genre « si tu assassines un poulpe bleu dans un port un soir de pleine lune en l’étouffant avec du lombric acide grillé, tu retrouveras ta voix évadée… ». Mais pour une raison obscure, cette théorie qui pourtant rassemblait absolument tous les éléments lui semblait franchement improbable. Quoi que… Après tout, celle-ci semblait encore plus bizarre que les autres, comme fille je veux dire. Parce que en soit des sorcières, ça existait sur Al Dryen, des gens qui avait leur potentiel dans leur savoir faire. Sa propre mère ne confectionnait-elle pas des amulettes, de son vivant ? M’enfin de là à vouloir étouffer un poulpe à coup de ver de terre… Il essaya tout de même :
- Tu es une sorcière spécialisée dans les… rites ou potions… ?
Et voilà comment à partir de théories complètement bancales, Samain arrivait parfois à se rapprocher d’une réalité, ne serait-ce qu’un peu.
- Parce que je veux bien t’aider à trouver ton truc mais ça dépend ce que tu comptes en faire. Si tu veux l’étouffer avec des insectes, tu le chercheras toute seule…
Et c’est lui qui parlait de gens difficile, voir éreintants, à suivre ? L’hôpital qui se fout de la charité, hein… Mais échappe-t-on au gène désaxé familial ?

- Et puis répond en écrivant cette fois, c’est plus clair.

Pas sûr.

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Fairië Lomé


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MessageSujet: Re: Une soupière à la mer !   Lun 7 Nov - 15:07

Dérangée ? Elle ? Voilà qui était plus que probable… Mais nulle en mimes ? Là, elle était vexée, blessée même. Elle s’était donné un mal de chien à faire son sketch, y avait mis tout son cœur et il la démolissait en quelques mots, sans avoir l’obligeance de lui signifier où elle s’était plantée. A la rigueur elle pouvait peut-être si elle n’avait vraiment pas le choix ou qu’elle était de très bonne humeur ou complètement malade et finie et droguée et à plat, et plus du tout en état de répliquer ou même de bouger, accepter une critique (petite hein ?), mais là c’était carrément du domaine de l’insulte ! Alors quoi, envolée sa carrière d’actrice ?! Envolée sa bonne humeur en tout cas.
Le visage de Fairië s’assombrit dangereusement, pas si sympathique que ça le collègue. Là c’est sûr, elle lui en voulait à mort. Le souci c’est qu’elle n’avait toujours pas trouvé son poulpe et que malgré son caractère très désagréable et son manque total de goût artistique, Samain semblait assez débrouillard.

- C’était ta seule feuille ou bien tu fais le sketch dramatique du poulpe volant amateur de lombric aux fesses grillées empoisonné juste pour la prestation ?

Comment osait-il ?!!! Abasourdie par la rage, Fairië sentit des fourmis galopantes envahir son espace cérébral. Bâillonner … assommer … étrangler … torturer, ah oui torturer c’était bien. Elle s’imaginait déjà Samain ligoté, à sa merci, et elle lui agitant du poivre sous le nez tout en lui ayant fixé une petite palette pleine de poil-à-gratter (de sa composition bien sûr) sur la tête. Visualiser la scène de son ennemi juré mourant d’envie d’éternuer, sans oser, par peur de déverser le mélange cataclysmique dans ses vêtements lui rendit un sourire … un sourire cruel mais un sourire. Peu importe la réaction qu’il lui viendrait, elle savourerait chaque instant, postée à ses côtés, commentant sans pitié chacune de ses réactions, lui disant qu’il était le pire acteur qu’elle ait vu, que jamais un prisonnier se conduirait de la sorte. Oh oui vengeance suprême ! Et si elle ajoutait un peu de muscade dans le mélange ? En plus des insupportables démangeaisons il aurait ainsi des fou-rires incontrôlables ? Très bonne idée, oui très très bonne … Mettre tout ca au point de devrait pas être trop difficile, enfin, excepté la phase ou il faut l’attacher sur une chaise. Flûte !
Reprenant ses esprits, Fairië s’aperçue que le détestable garçon lui tendait son dessin. Au moins il n’avait pas encore dénigré ses compétences dans ce domaine, trop bon seigneur qu’il était ! Elle s’empara de son bien en lui jetant un regard noir, si seulement elle avait le pouvoir de transformation, elle l’aurait transformé en bulot ou en moineau tiens, maintenant qu’elle y pensait, il avait vraiment une tête de piaf !
Après tout, elle ne perdait rien à tenter le coup, surtout que personne n’en saurait jamais rien. Fixant Samain avec toute la force que lui donnait son envie de vengeance, elle scanda dans sa tête les mots fatals « Moineau, moineau, moineau, moineau, moineau, moineau, moineau … » … Rien ? Comment ça rien ? Ce n’était pourtant pas faute de conviction ! Magie de prestidigitateur à la retraite !

Samain la tira une fois de plus de ses réflexions. Apparemment il avait quand même deviné qu’elle était une sorcière des potions ; c’est donc que malgré toutes ses médisances, elle n’était pas si mauvaise mime que ça ! Viendrait un jour ou il reconnaitrait son génie, ça elle se le promettait, elle lui ferait ravaler ses paroles coûte que coûte !
Enfin, pour le moment la priorité était de trouver son céphalopode et Samain acceptait de l’aider, à la condition … qu’elle ne l’étouffe pas avec des insectes ??? Mais ou allait-il chercher des trucs pareils ??? Pas si méchant que ça finalement ? Peut-être juste aussi maladroit avec une conversation qu’avec une soupière ? Pourvu qu’il ne le soit pas avec le poulpe, tout irait bien.

- Et puis répond en écrivant cette fois, c’est plus clair.

Plus clair ? La rage remonta en elle immédiatement, comment ça plus clair ?! Il avait deviné ce qu’elle voulait dire non ? C’était quoi cette mauvaise foi ? Il voulait remuer le couteau dans la plaie ?
Trop c’était trop ! Aux grands maux les grands remèdes, tant pis pour la vengeance subtile, elle n’en pouvait plus ! Se relevant vivement, la jeune fille en furie appliqua puissamment son poing au sommet de la tête de l’insolent, le foudroya du regard et s’apprêta à partir vers la plage. Tant pis, elle chercherait son poulpe toute seule !



Dernière édition par Fairië Lomé le Jeu 10 Nov - 20:46, édité 1 fois
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Samain Sidhorin


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MessageSujet: Re: Une soupière à la mer !   Lun 7 Nov - 19:36

Samain sentit comme un blizzard s'abattre sur la petite zone du port où il conversait avec sa collègue… Oui… D’un enthousiasme démonstratif, l’atmosphère était devenue… Voyons… Boréalement colérique ? Qu’est-ce qu’il y avait encore ? La décolorée lui décochait un sourire à faire frémir le plus filou des renards, et Samain se dit qu’il n’aimerait certainement pas être la proie d'un tel animal… Du moins… Parce que c’était pas lui, pas vrai… ? Sauf si… Elle avait décidé de lui en vouloir pour la soupière finalement… ?

A cent mille lieues d’imaginer qu’il ait pu blesser la jeune fille en énonçant tout bêtement l’évidence, Samain commençait à trouver les revirements de la donzelle un tantinet agaçants. Alors quoi ? Elle lui en voulait, ne lui en voulait plus, dansait la gigue des poulpy-poison et lui lançait maintenant des regards noirs ? Il fallait qu’elle se décide !
Pauvre Samain, toujours aussi lent à comprendre la pourtant élémentaire notion de tact, il restait complètement à côté de la plaque. C’est qu’il avait parlé avec tant de naturel, sans une once de méchanceté, qu’il n’envisageait même pas qu’on ait pu se vexer. Quoi ? Comment aurait-il pu deviner qu'on ignora être aussi mauvais mime ?

Soudain, elle se mit à le fixer avec une intensité pour le moins déconcertante et Samain lui rendit un regard étonné, pas du tout impressionné par les canons lasers qui sortaient des mirettes de l'empoisonneuse d'Al Dryen.
Un moineau. Un piaf. Un piaf se dessina un fol éclat d’instant sur les traits de la chanteuse. Hein ? Le garçon pencha légèrement la tête sur la gauche… Mais non, pas un piaf… Une souricette à la limite… Peut-être un faon hystérique… Mais pas un moineau… Pourquoi lui ferait-elle penser à un moineau ?
C’est qu’il avait encore chaud de son labeur, le mignon, et ne faisait pas attention à son amulette qui tiédissait… La donzelle, dans son féroce désir de le voir métamorphosé en stupide volatile, lui transmettait ses perceptions.

Il commençait à peine à imaginer des plumes et un bec sur Fairië, prononçant ses dernières paroles, que la demoiselle se leva d’un bond et lui assena un méchant coup sur le sommet du crâne avant de tourner radicalement les talons. La surprise et l’impact le firent tomber d’accroupi à assis sur son séant, et il regarda stupéfait la décolorée s’éloigner. Mais... Mais, mais maiiiiiis !

Et il éclata de rire ! Un rire chaud et franc, simple et amical, un rire qui comme toujours dans la gorge du garçon sonnait délicieusement juste. Non il ne se moquait pas. Il trouvait la réaction de la jeune femme et la situation en général très comique, tout bêtement. Rancunier ? Par Uen, s’il devait en vouloir à tout ceux qui lui collaient des poings, il haïrait le monde entier et aurait dores et déjà décoré avec l’avidité de l’assassin fou de joie les tombes de sa fratrie de taré.

Lorsqu’il parvint un peu à relâcher ses abdos, il se mit sur ses pieds et couru pour rattraper l’offensée, lui prenant le bras sans brusquerie, comme s’il rattrapait une amie qui lui serait passé devant sans le voir.
- Hééé ! Mais attend, moineau ! héla-t-il, te vexe pas !
Le surnom lui avait échappé si spontanément qu'il n'y prêta pas attention une seconde.
A force d’expérience, le Sidhorin savait reconnaître un visage vexé et furax. Fairië lui présentait un savant mélange des deux et il comprenait à présent qu’il avait -encore- dû dire quelque chose de travers.
- C’est pour la soupière, ou parce que t’as vraiment l’intention d’étouffer le poulpe, que tu m’as frappé ?
Et vlan, comment casser un début d’espoir après des nuits et des nuits à prier pour incorporer une once de subtilité dans ce crâne à l’adorable chevelure.
Il réfléchit intensément… Et la lumière fut… ?
- Ou alors tu n’aimes pas la sorcellerie ?
Encore loupé, essaie encore.
- Ah non ! Ce doit être parce que t’es nulle en mime. Tu croyais que tu étais douée ?
Quelqu’un aurait-il un marteau pour l’aider à s’enfoncer un peu plus, s'il vous plait… ?
- M’enfin si ça peut te consoler, c’était très drôle…
Ah, merci. C’est trop aimable.

Comprit-il qu’il empirait sa situation ? Non bien sûr, la franchise de Samain ne connaît pas ce genre de limites ! Mais grâce au ciel il s’arrêta enfin et rendit le marteau à l’infâme dénué d’ironie qui le lui avait prêté. Il fit alors un sourire amical et reprit :
- Alors, où as-tu déjà cherché pour ce poulpe ?
Il lâcha le bras de la Lomé, espérant qu’il ne le regretterait pas quelques instants plus tard, s’il venait à la chasseuse de poulpe l’envie soudaine de s’en servir pour lui vider les viscères… Si, si, expérience vécue…
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Fairië Lomé


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MessageSujet: Re: Une soupière à la mer !   Mer 9 Nov - 8:15

Petit récapitulatif nécessaire pour bien saisir la situation : elle l’avait assommé, s’était enfuie folle de rage, et lui il … rigolait ? Pire, c’était carrément un fou rire ! Non mais sérieusement il se fichait d’elle ! Et qu’on n’aille pas lui dire qu’elle était susceptible surtout, hein, parce que même un bulot serait offusqué à ce niveau là !
La petite fumée noire au dessus de la tête de Fairië s’opacifia… Elle accéléra l’allure, impatiente de mettre un maximum de distance entre elle et cet exécrable individu. Elle était très douée en mime, ça ne faisait pas le moindre doute ; d’ailleurs elle allait le lui prouver et pas plus tard que ce soir à l’auberge ! Quand il verrait les clients enchantés de sa prestation, il serait bien obligé d’admettre que seul son hermétisme à l’art contemporain l’avait privé d’un spectacle éblouissant. Hors de question de rester sur une critique aussi mauvaise !

Fairië s’arrêta net … pourquoi son bras gauche restait t-il en arrière au lieu de suivre sagement le reste de son corps vers l’avant …
Le méchant collègue à la verve venimeuse la tenait en otage. Saleté de bras, ces trucs là devraient être démontables. Il aurait eu l’air malin non ? Avec son bras dans la main et plus personne au bout ?
Dans l’incapacité mécanique de démonter l’un de ses membres, elle se retourna pour offrir au garçon un visage déformé par la rage (en accent circonflexe inversé précisément). Si seulement ses yeux pouvaient lancer des flammes … Du Samain grillé ça devait être sympa non ?

- Hééé ! Mais attend, moineau ! Te vexe pas !

Moineau … Moineau … Qui le moineau ? Quoi le moineau ? Ou le moineau ? Pourquoi le moineau ? Mais qu’est ce qu’il lui voulait avec son moineau à la fin ? C’était un poulpe qu’elle voulait, UN POUL-PE. L’était bête ou quoi ? D’un autre côté s’il l’avait rattrapé en criant« poulpe », elle savait déjà comment elle l’aurait pris …

- C’est pour la soupière, ou parce que t’as vraiment l’intention d’étouffer le poulpe, que tu m’as frappé ?

Oulalalaaaaaaaa mais il était vraiment givré alors ? Fairië passa de la colère à la profonde méditation. Pourquoi voudrait-on étouffer un poulpe ? Que pouvait-il bien se passer dans la tête de cette étrange créature pour qu’il conçoive une telle idée ? Tiens ça tournicotait sec là dedans : Samain eut soudainement l’air extrêmement concentré, ce qui inquiéta quelque peu Fairië. Quelle nouvelle aberration sa bouche hyperactive allait-elle formuler ? Devait-elle enfiler des moufles au cas où ?

- Ou alors tu n’aimes pas la sorcellerie ?

Pas aimer… sorcellerie … elle ? Mais ça ne va pas non ?!! Depuis des années qu’elle s’entraînait comme une forcenée, qu’elle collectionnait potions et chaudrons envahissant la maison parentale de toute sorte de productions étranges, qu’elle lisait grimoire sur grimoire à s’en faire brûler les yeux ? Elle, ne pas aimer la sorcellerie ? Non mais ce n’était même plus du domaine de l’aberration là !

- Ah non ! Ce doit être parce que t’es nulle en mime. Tu croyais que tu étais douée ?




Comment peut-on avoir aussi chaud et être gelée … Un feu glacé menaçait de cristalliser ses veines, elle les sentait durcir, gonfler, menacer d’exploser… Oui l’enfermer dans la glace, pouvoir regarder son petit visage faussement gentil de manipulateur machiavélique dans l’impossibilité vomir ses insultes… Ce serait formidable ça, muet pour l’éternité … immobilisé par la glace comme elle l’était à cause de ses paroles … Oui, vraiment fantastique … Elle ferait des mimes, toute la journée devant lui, sans qu’il ne puisse rien dire … Les yeux de Fairië s’étrécirent, une lueur mauvaise dans le regard.

- M’enfin si ça peut te consoler, c’était très drôle…

Choc … La jeune fille marqua un temps d’arrêt. Un spectateur extérieur aurait certainement imaginé à ballon entrant avec force de vitesse en plein dans son estomac. C’est que ça travaillait dans sa tête décolorée !
Ah, drôle. Drôle ? Attends, il lui avait donné un indice là non ? Drôle … peut-être que ce n’était pas une carrière de mime mais celle d’une comique qui l’attendait ! Oui comique ! Surtout avec sa façon de parler durant la journée, pas difficile d’être hilarante, il suffisait généralement qu’elle ouvre la bouche et prononce plus de deux mots à la suite pour animer toute une salle ! Comique … hum, pourquoi pas ...

- Alors, où as-tu déjà cherché pour ce poulpe ?

Le pouuuulpe !
Comique ? Mais n’importe quoi ! Elle était une sorcière en manque de poulpe, voilà ce qu’elle était et ça ne risquait pas de changer tant qu’elle resterait ici à broyer ses opportunités professionnelles. Heureusement que Samain était là pour la ramener aux choses importantes.
Oh, et il voulait bien l’aider, ça c’était gentil. Et puis il avait un sacré charisme le bougre, impossible de lui résister !
Fairië sentit le sourire lui revenir, ce maudit ébouriffé détenait un don certain dans la manipulation de ses humeurs … Comment faisait-il ? Mystère. Peut-être était-ce lié à son pouvoir ?
Enfin, pas le temps de réfléchir à tout ça pour le moment, il lui fallait son poulpe. Dépliant la boulette de papier chiffonnée dans sa main, Fairië écrivit au dos de son dessin :

Recherches effectuées
Boutiques de magie,
Marchands de fruits de mer,
Marché,
Marché noir,
Port
Plage, trop dangereux car les poulpes sont vivants
Puis hésitant un peu, elle regarda Samain d’un air interrogatif. Serait-il capable de la trahir ? Le moins que l’on puisse dire de lui c’est que sa franchise s’était installée largement au-dessus de son instinct de survie. Mais serait-il capable de taire un secret ? De se taire tout court ? Elle avait une envie monstrueuse de prendre le risque. Son collègue avait beau être extrêmement vexant, il ressemblait aussi beaucoup au compagnon d’aventure idéal pour bêtises en tout genre … Saisissant fermement son stylo, elle laissa sa main tracer les mots qui la conduirait soit à son poulpe, soit au savon de sa vie :

Solutions à envisager
Prendre le risque d’aller à la plage
S’infiltrer dans le Labo du professeur Iracundus à l’académie,
pour lui « emprunter » un poulpe.

Fairië tourna un visage très inquiet vers Samain … alors ?



Dernière édition par Fairië Lomé le Ven 11 Nov - 11:19, édité 2 fois
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Samain Sidhorin


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MessageSujet: Re: Une soupière à la mer !   Jeu 10 Nov - 18:42

Tiens, voilà qui était fort amusant… Ne dit-on pas que les aveugles ont une ouïe extrêmement fine pour palier à leur sens détruit ? Est-ce que, par hasard, les muets développeraient leur expressivité, suivant le même raisonnement ? Samain tenait là une grande découverte scientifique ! Le catalogue de mimiques qu’offrait Fairië alors que Samain parlait faillit laisser ce dernier sans voix plusieurs fois ! Impressionnant tout ce que cette donzelle pouvait avoir en magasin ! Tout passait du coq à l’âne à une vitesse ahurissante ! Elle fut successivement pensive, exaspérée, ébahie, méditative, défiante, ébahie puissance douze, rôtissière Samainesque, estomaquée, pensive à nouveau… Rien qu’à regarder ça faisait mal aux yeux !

Et pire ! Après l’avoir massacré occulairement une bonne centaine de fois en l’espace de quelques secondes, elle lui fit un sourire gentil. Pas machiavélique, carnassier ou quoi… Gentil ! C’était officiel : Fairië Lomé était une fille dérangée à tendance schizophrène… Ou peut-être était-elle juste en train de se reprendre, remettant sa dissection de l’espèce Sidhorine à plus tard, comptant pour l’heure exploiter vivant l’animal qui l’aiderait potentiellement à trouver son poulpe étouffeur. Oui, parce qu’à peine son aide proposée, Samain vit la muette s’empresser de griffonner sur la feuille. Bah, au moins, elle avait acquis un certain sens pratique depuis son mime.

Rien que d’y repenser, Samain eut la commissure des lèvres frémissantes mais un instinct de préservation élémentaire lui chuchota de ne pas éclater de rire trop ouvertement. Aussi prit-il son hilarité en patience et se mordit-il la langue en lisant le message. Ah, elle avait déjà pas mal cherché… Il lui lança un regard tordu : elle le voulait à ce point ce poulpe ? Ca devait faire un moment qu’elle le quêtait et puis c’était une sacrée trotte tous ces lieux… Arrivant à la ligne du « trop dangereux car les poulpes sont vivants », Samain fut rassuré : c’était donc bien le poulpe qui était agressif, elle ne comptait pas l’étouffer par overdose de lombric… Il ne trempait pas donc pas dans un massacre long et douloureux impliquant un céphalopode et ses cousins les vers, ouf ! Alors qu’il esquissait un sourire réconforté, il intercepta le regard inquisiteur de Fairië. Quoi, il était censé dire quelque chose ? Non… Elle semblait plutôt le jauger. Le jauger pourquoi ? Il était encore capable de gagner un poulpe à la course si celui-ci décidait de s’enfuir ! Ou de parer une attaque de ventouse gélatineuse si son ami blobloteux refusait de coopérer ! Quoi que, s’il était empoisonné il… aaaah…

- Alors c’était des jets de poison, pas un oiseau en phase terminal… murmura-t-il en comprenant enfin le premier mime de Fairië.

Il chercha un instant à résoudre le second sous la lumière de cette nouvelle révélation mais… Non, décidément, le mystère des bonds invocateur de pluie restait une énigme. A moins que seule la pluie puisse guérir du poison de la pieuvre ? Ca faisait un peu ésotérique quand même… Samain théorisa encore un peu dessus, puis, non pas à cours d’idée mais interpellé par le stylo en suspension de la chanteuse, reporta son attention sur la feuille de papier.

Ah… Son visage, d’abord surpris, s’illumina doucement d'un sourire bien plus espiègle que les précédant, le rictus malicieux du renard et l’enthousiasme du larron qui entre en symbiose avec une bêtise encore inédite… Voilà qui devenait fort intéressant… Samain n’allait plus à l’académie depuis la mort de ses parents, se concentrant d’avantage sur les petits boulots comme ses deux ainées pour que les deux plus jeunes puissent finirent tranquillement leur scolarité. Mais il savait très bien les sensations que l’on éprouvait en s’infiltrant par effraction dans un lieu publique. Et si le plus souvent on l’avait embarqué contre son gré dans les tours qu’il avait pu jouer, piquer un poulpe à un prof était un concept délicieusement étrange et accrocheur !

Il fit un geste vers le stylo de Fairië avant de se dire, subitement fort lasse, qu’il avait une voix et décida fort aimablement d’en user :
- Tu es sûr qu’il en a en stock ? C’est rare les sorciers, l’académie enseigne à ses élèves à maitriser leurs dons mais ça ne nécessite pas de poulpe…
Il esquissa un sourire goguenard :
- Ou alors c’est une nouvelle méthode d’enseignement que je veux absolument essayer !
Vous imaginez ? Projeter Beltaine dans un poulpe ? L’image lui arracha un éclat de rire railleur : à faire ! D’ailleurs… Samain réfléchit : si Beltaine matériel se coupait, Samain écopait lui aussi de la blessure… Mais s’il s’empoisonnait… ? C’était un reflet : les deux garçons devaient donc être absolument identiques, mais un empoisonnement, c’était interne, non ? Samain deviendrait peut-être vert ou bleu à la limite mais il ne pensait pas que Beltaine puisse mourir sans lui… Voilà une réflexion qu’il devait impérativement vérifier ! Il la nota dans un coin de son esprit et retourna à la situation actuelle.
- T’as un plan ?
Ah non, Samain n’est pas quelqu’un qui tergiverse bien longtemps… Bien qu’un doute s’insinua en lui alors même qu’il venait de s’engager dans le larcin : être l’acolyte d’une schizophrène aphone évocatrice de moineau et chasseresse de poulpe a temps partiel… c’était pas… un peu joueur ?
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Fairië Lomé


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MessageSujet: Re: Une soupière à la mer !   Ven 11 Nov - 11:18

Un sourire … ça présageait bien ça non ? Oh, mais c’est qu’il avait l’air carrément partant ! Le sourire de Samain s’élargit de plus en plus, son visage candide quelques instants plus tôt pris une tournure roublarde, ses yeux pétillèrent. Un compagnon pour aventures et bêtises en tout genre venait-il de naître à ses côtés ? Parce que si c’était bel et bien le cas elle était prête à tout lui pardonner. Son imagination débordante lui avait soufflé nombre d’équipés à entreprendre ces dernières années, mais seule … l’attrait était moindre. Et puis le regard de Samain ne disait pas seulement que l’effraction le tentait, mais aussi « j’ai de l’expérience dans ce domaine ». Son cœur se mit soudainement à battre plus vite, ses pupilles s’agrandirent et un nombre incalculable de possibilités miroitèrent dans ses larges prunelles. Son nouveau meilleur ami (pour le moment en tout cas), esquissa un geste dans sa direction, puis se ravisa et ouvrit la bouche :

- Tu es sûr qu’il en a en stock ? C’est rare les sorciers, l’académie enseigne à ses élèves à maitriser leurs dons mais ça ne nécessite pas de poulpe…
Ou alors c’est une nouvelle méthode d’enseignement que je veux absolument essayer !

Fairië regarda Samain enchantée. Il lui plaisait de plus en plus l’ébouriffé. Et, oui, elle était sure. Le professeur Iracundus enseignait l’une des utilisations de l’élément eau à l’Académie. Il était capable d’extraire quelques centilitres d’eau d’un récipient et de reproduire identiquement les mêmes cellules un grand nombre de fois ; la petite bille d’eau gonflait encore et encore, et lorsqu’elle atteignait la taille d’une table de salon il la faisait exploser au visage de l’un de ses élèves. Pour rire bien évidemment … cependant certaines rumeurs circulaient comme quoi il valait mieux éviter de provoquer son ire sous peine de désagréments bien plus importants. Il se trouve que ce cher professeur, craint de tous les étudiants pour ses trop célèbres colères, et sa mère étaient collègues et peut-être bien amis. Istari enseignait à ses apprentis la communication avec les fantômes et surtout les secrets du manuel de séduction à déployer pour attirer leur attention et leur donner une envie dévorante de vous aider dans toute entreprise proposée. Elle était également professeur d'histoire, métier tout indiqué lorsqu'on parle avec les fantômes ...
Quelques jours plus tôt les deux enseignants s’étaient retrouvés dans le salon des Lome pour discuter autour d’un café. Fairië, l’oreille collée contre le parquet de sa chambre n’avait pas perdu une miette de la conversation. Le professeur Iracundus s’était récemment passionné pour l’étude des animaux marins, au grand damne de sa femme qui ne trouvait pas pertinent d’héberger des créatures visqueuses, gluantes et parfois même venimeuses sous son propre toit, surtout avec la présence d’un enfant en bas âge. Le mari, vaincu par la logique féminine, s’était donc rabattu sur son lieu de travail, demandant au proviseur l’autorisation de conserver ses chères bestioles au sein de l’établissement scolaire.
Le directeur, enchanté de cette idée, qui permettrait aux étudiants de découvrir un nouveau domaine de connaissances, avait fait libérer et nettoyer une partie des caves de l’école pour y installer un magnifique aquarium, en plusieurs sections, autorisant le regard à s’émerveiller sur la vie aquatique et ses complexités. En annexe du gigantesque bocal, le laboratoire du professeur contenait tout un arsenal d’observation, de dissection et d’analyse de ces intrigantes créatures.
C’est dans cette pièce que Fairië comptait trouver son céphalopode. Si, dans le pire des cas, il n’y était pas, ils iraient le chercher dans l’aquarium : avec tout le matériel dont disposait Iracundus il n’y aurait pas le moindre risque à l’extraire de son milieu.

Le regard étrange de Samain la tira de ses réflexions. Il avait l'air très concentré, et semblait réfléchir intensément à quelque chose d’important.

- T’as un plan ?

Aucune parole n’aurait su lui faire davantage plaisir, c’est qu’il était décidément charmant quand il le voulait ! Un grand sourire illumina son visage. Puis, attrapant son stylo et sa feuille dans une main, elle saisit le poignet de Samain dans l’autre et l’entraîna rapidement vers un bâtiment désert. Eh bien oui, quitte à monter une conspiration, autant faire les choses à fond. Elaborer un plan de combat en plein milieu d’un port où circule des centaines de personnes, c’est pas futé futé non ?

Maudit soleil, il ne ferait nuit que dans quatre heures, d’ici là elle devrait continuer sans ses cordes vocales. Avisant une montagne de caisses dans un coin de la pièce, elle s’y dirigea promptement, le poignet du copain toujours en main. S’affalant dernière une caisse, elle en utilisa une autre comme table, posa sa feuille dessus pensa enfin à lâcher l’articulation intruse à son propre corps. Dans le petit espace libre qui restait au dos du papier, elle traça d’une main sure les lignes d’un bâtiment en forme de « U » ainsi qu’un carré dans l’espace vide, puis deux couloirs reliant les deux branches latérales au centre. A l’extrémité de l’aile droite, elle symbolisa un escalier, indiqua au bout d’une flèche qu’il devait probablement être protégé, probablement par quelque chose de magique. Dans le carré central elle écrivit « Aquarium » et dans l’extrémité gauche du « U », dessina un trait fermant ainsi une salle appelée « Labo ». Un couloir reliait les deux pièces. Grisant tout le reste du U, en dehors de l’escalier d’entrée, elle inscrivit inaccessible au bout d’une autre flèche. La seule façon d’entrer, selon elle, était donc de descendre l’escalier protégé, de passer par le premier couloir de la branche latérale droite, en espérant qu’il ne soit pas sécurisé, pour atteindre l’aquarium. Une fois arrivé là, trouver un moyen d’entrer dans le second couloir pour atteindre le Labo du professeur Iracundus, très certainement bouclé à double tour. La flèche partant du Labo indiquait fièrement « poulpe ».
Fairië termina son œuvre en ajoutant « Sous-sol de l’Académie » au dessus, et « Aucune idée pour passer les sécurités : des idées ? » en dessous.

Puis, se tournant vers Samain, elle le consulta d’un regard interrogateur, toujours partant ?
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Samain Sidhorin


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MessageSujet: Re: Une soupière à la mer !   Lun 21 Nov - 13:05

Eh bah, apparemment, il avait trouvé comment plaire à la chanteuse d’Ahea : sauter à pieds joints guillerettement dans ses lubies délinquantes ! Tant mieux, tant mieux, parce que le garçon y allait de bon cœur !
Tous les Sidhorin, absolument tous jusqu’au discret et soi-disant sage petit Cernu étaient des garnements dans l’âme, et si Samain n’était pas le pire de la fratrie, il avait une expérience confortable dans le domaine et un entrain fort agréable aux équipées… Les quatre-cents coups, ça faisait belle lurette qu’il en avait rayé chaque ligne de la liste ! Un professionnel, du genre, oui môssieur, un diplômé de l’école de la vie des galopins, l’un de ceux qui savent aussi bien s’en tirer en prenant littéralement leurs jambes à leur cou, ou qui jouent de leur sourire désarmant lorsqu’ils sont pris la main dans le sac ! Et Uen sait combien le sourire penaud de Samain peut faire fondre les cœurs les plus endurcis…

Bref, fort heureux de s’engager dans une nouvelle entreprise folâtre et riche en aventures, plutôt que de chercher sérieusement un travail ronflant qui lui filerait des cals aux mains et des courbatures au dos, c’est la tête la première que le garçon plongea dans la cape rouge que Fairië lui agitait sous le nez !
Il se laissa guider sans effort dans le QG de leur galéjade, pensant pour sa part que monter un plan machiavélique au milieu d’une foule était plutôt astucieux, les termes se perdant dans mille et une conversations et l’improbabilité d’une telle inconscience réduisant aux oreilles indiscrète le canular en préparation à une simple blague entre deux adolescents ; mais qu’importe ! l’aspect secret et caché donnait encore plus de piment au délicieux plat qu’ils concoctaient !

Alors que Samain pensait à se libérer de l’emprise qui lui enserrait presque douloureusement le poignet -quel enthousiasme dans cette fille !-, ladite emprise le tira de plus belle vers des caisses empilées et, lorsqu’il fut enfin libre, Samain s’assit sur une caisse à l’instar de Fairië, près de leur table de fortune.

Il la regarda attentivement griffonner le plan de leur carte au trésor, qui au fur et à mesure des traits tracés semblaient de plus en plus truffé de pièges… Le sourire de Samain s’élargit jusqu’à découvrir ses jolies quenottes : ça, ça allait pas être du gâteau mais il avait déjà vu pire ! Est-ce qu’il s’était sorti de ce pire ? Absolument pas, m’enfin l’aventure avait été belle !

Fairië, crayon en l’air, se tourna vers lui après avoir écrit sa question. Samain lui rendit un regard réfléchi… Non, il n’avait aucune présente idée. Il fallait dire pour sa défense, que la mode dans son milieu, c’était plutôt de foncer dans le tas…
- Ah ! fit-il en se souvenant de quelque chose, attend…
Il sortit de son sa chemise le cordon au bout duquel pendait son amulette et un éclat de miroir. Il saisit le miroir, hésita, et en se tournant vers l’aphone :
- Par contre, garde ça pour toi, d'accord ?
Il lui lança un regard hésitant, puis mira finalement son reflet :
- Sors de là Belt’, on a une académie à braquer !
Le ricanement enjoué qui sortit du miroir se matérialisa subitement entre Sam et Fai, assis sur la caisse-table.

La réplique parfaite du larron châtain sauta lestement au sol et, s’accroupissant à côté de son double, repéra la situation, avisa la feuille griffonnée, avala goulument le plan et s’exclama :
- L’académie ! Ca fait si longtemps !
- Tu l’as dit ! Je te présente Fai’, c’est notre collègue à Ahea. Tu sais, ajouta-t-il avec un air fautif, t’en rigoles encore…
Beltaine fixa de son regard noisette la chanteuse puis, comme le souvenir intense d’une soupière lui revenait, il éclata de rire, provoquant une méchante grimace à Samain.
- Fai’, voici Beltaine, mon… euh… double ? C’est un imbécile mais il peut être utile quand il veut.
Et pour illustrer ses dires, Samain passa un bras au travers de la tête de son lui-même.
- Si le piège de l’escalier fonctionne au potentiel, c’est mort, mais s’il fonctionne à la présence physique, Beltaine peut être quasiment indétectable.
Il fronça les sourcils :
- Arrête de rire, crétin !
Beltaine calma son hilarité, essuya ses yeux, se redressa et, saluant théâtralement leur nouvelle complice :
- Mademoiselle, excusez ma grossièreté, ainsi que la maladresse de mon cher et tendre moi-même…Si je peux me faire traverser pour un pied-de-nez à un bâtiment scolaire, je le ferai avec grand plaisir !

Samain soupira : ce penchant pour le théâtre, ça, Beltaine ne le tenait pour sûr pas de lui ! C’était bien trop agaçant…
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Fairië Lomé


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MessageSujet: Re: Une soupière à la mer !   Mer 23 Nov - 9:31

Samain prit un air réfléchit … ça ne pouvait qu’être bon pour leur entreprise pas vrai ? Peut-être pensait-il à ses escapades précédentes à l’académie ? Auquel cas le plan d’attaque n’en serait que facilité. S’il connaissait un peu le terrain, déjouer les pièges sournois mis en place par des adultes conservateurs de leurs mesquins petits secrets, serait un véritable plaisir.

- Ah ! Attend…

L’ébouriffé sortit morceau d’elle ne savait quoi, planqué de sous sa chemise … Intrigués, ses yeux s’étrécirent, se réglant sur le mode « ultra-indiscrets » qu’ils adoptaient trop souvent. Grossir encore un peu le zoom … ça y est ! La mise au point est parfaite ! Et l’objet mystère est – roulements de tambouurrrrrrs – un miroir !

Arg… Comment ça un miroir ?

La petite fouineuse regarda son collègue d’un air inquiet, qu’elle idée étrange avait germé sous son étrange caboche pour qu’il se retrouve attifé d’un ustensile féminin ? Une touche de coquetterie ? Un homme qui assumait sa part de féminité ? Fairië le regarda avec un certain respect : au moins il n’avait pas peur du ridicule.
La situation promettait d’être cocasse, la jeune fille se promit de ne pas en perdre une miette. Allait-il oser recoiffer nonchalamment ses épis rebelles ? Elever élégamment son bras vers son indomptable chevelure dans un mouvement aussi futile qu’audacieux ? Ou encore jouer les divas le miroir dans une main, l’autre caressant ses mèches, poussant de sa voix enchanteresse les quelques notes de son répertoire ? Ou peut-être était-il pris d’une envie soudaine de contempler sa glotte ?
Fairië sentit les prémices d’un fou rire lui chatouiller la gorge …

- Par contre, garde ça pour toi, d'accord ?

Ah. Le garder pour elle... Mais que diable pourrait-elle bien répéter ? Qu’elle avait passé l’après-midi cachée avec un garçon de 18 ans derrière des caisses dans un entrepôt, dans une situation donc, on ne peut plus suspecte ? Que ledit garçon lui avait révélé son indicible secret : qu’il dissimulait en permanence contre son corps un morceau de miroir lui permettant de mirer inlassablement son reflet à n’importe quel moment de la journée. Ah oui, c’était le genre de révélation qui allait faire fureur pour sûr ! Non mais sérieusement, à quoi pensait-il ?

- Sors de là Belt’, on a une académie à braquer !

Médusée, Fairië s’autorisa un verdict : Samain était définitivement cinglé. Non seulement il conservait toujours sur lui de quoi s’admirer, mais son amour de lui même était tel qu’il avait donné un nom à son reflet. Narcissisme ou schizophrénie ? Un diagnostique difficile. Elle ne savait lequel espérer ; pénétrer une académie avec une chochotte s’arrêtant devant toutes les glaces pour se recoiffer risquait d’être sacrément handicapant, d’un autre côté un lewisien racontant à tue tête ses aventures de l’autre côté du miroir n’était pas pour la ravir non plus … quoique …

Un truc étrange se passa alors. Le mot « truc » n’est pas choisi par facilité, il désigne scientifiquement un phénomène non-identifiable et incompréhensible, et donc impossible à définir par un mot sorti d’une étymologie ancienne ou complexe.

Une vague d’effroi remonta l’échine de l’infortuné muette, lui glaçant le sang et les os. Tétanisée, elle ne put que constater l’impossible : un double parfait de Samain venait d’apparaître sous ses yeux, les deux pieds dans le plan.

*Aaaaaaaaaaaaah ! hurla-t-elle intérieurement, mékeskecékecetruckésortidoudabord ?*

Pantelante, le souffle court, le cœur dansant la gigue, elle tenta désespérément de redonner une consistance à son cerveau en voie de liquéfaction.
Respire … expire … respire … expire …

- L’académie ! Ca fait si longtemps !

V’là aut’ chose ! Ce truc parlait …

- Tu l’as dit ! Je te présente Fai’, c’est notre collègue à Ahea. Tu sais, t’en rigoles encore…

Toujours sous le choc, les oreilles bourdonnantes et les tempes battant la mesure de la menace tachycardiaque en marche, la muette conserva son attitude granitique. La scène qui se déroulait sous ses yeux ne pouvait qu’être un rêve, un mirage ou un bug de la liaison interunivers, lui montrant un épisode se passant sur un autre monde. Une brèche s’était ouverte derrière les caisses ou elle se trouvait et elle entendait une conversation d’outre-monde entre son double et le double de Samain … sauf qu’il n’y avait qu’une seule représentation d’elle-même. Injustice divine ?

- Fai’, voici Beltaine, mon… euh… double ? C’est un imbécile mais il peut être utile quand il veut.

Récupérant ses neurones en fuite, la jeune fille reprit contenance et s’apprêta à se présenter convenablement au « jumeau » de Samain. « S’apprêta » car au même moment, son collègue fit quelque chose d’absolument répugnant ! Il planta sa main jusqu’au poignet dans le cerveau de Beltaine ! Fairië eut un haut le cœur, là il était évident que quelques soient les surprises que lui réserverait l’ébouriffé à l’avenir, plus rien de la surprendrait ; elle se le promit solennellement : « par le bois et par le fer, si je mens je bois un verre ».

- Si le piège de l’escalier fonctionne au potentiel, c’est mort, mais s’il fonctionne à la présence physique, Beltaine peut être quasiment indétectable.

Hum, voilà qui était hautement intéressant ! Le visage de la petite Lomé s’éclaira au moment même où celui du Sidhorin s’assombrit :

- Arrête de rire, crétin !

C’est vrai ça, pourquoi riait-il ? Qu’est-ce qu’elle avait loupé ? A rester aussi hébétée qu’une carpe au bout d’un hameçon, elle avait raté toute la conversation ! Qu’est-ce que ces deux abrutis avaient bien pu raconter qui provoque chez l’un deux une telle hilarité ? Elle détailla scrupuleusement Beltaine des pieds à la tête, pire que son « frère » ?

- Mademoiselle, excusez ma grossièreté, ainsi que la maladresse de mon cher et tendre moi-même…Si je peux me faire traverser pour un pied-de-nez à un bâtiment scolaire, je le ferai avec grand plaisir !


Ah, mais non ! Mieux, beaucoup mieux que son frère ! Peut-être un peu trop moqueur dans le ton, mais le vocabulaire, wahooou ! La petite sauvageonne était sous le charme. Un vrai gentleman ce Beltaine ! Quelle classe ! … enfin elle ignorait toujours pourquoi il s’excusait pour sa grossièreté, ce qui était plutôt inquiétant …

Elle lui offrit cependant un visage ravi, s’empara du stylo et réfléchit quelques instants. Le pouvoir de Beltaine était idéal pour leur plan, ils ne pouvaient trouver mieux ! Cependant, si d’autres pièges, inconnus, se présentaient ils n’auraient pas d’autres armes que leur imagination. Samain lui avait révélé son pouvoir avec une confiance qui l’avait profondément touchée, elle décida d’en faire autant. Peut-être qu’en mettant leurs potentiels en commun d’autres idées germeraient pour prendre l’académie d’assaut ?
Plus d’hésitations à avoir, il fallait agir ! Penchant résolument la mine vers la feuille, elle stoppa brusquement son geste… plus de place. Comme quoi, c’est toujours en raison de petits détails insignifiants que les plus grandes entreprises sont avortées.
Hors de question que ça se produise ! Elle se leva pour regarder autour d’elle, agacée par ce contretemps. Repérant un clou abandonné au sol, elle le ramassa et s’accroupit près des jumeaux diaboliques pour écrire dans la poussière :

Super plan ! D’autres idées avec l’association de nos pouvoirs ?
FairiëSamainBeltaine
Élémentaire de Terre
- Lévitation (nuit)
- Potions
Apparition d'un corps Astral ?Corps éthéré ?
Une potion peut dissimuler le potentiel d’un humain quelques minutes
mais sur Beltaine j’ai peur que ça l’annule …qu'est-il exactement ?


Se relevant pour laisser Sam' et Belt' admirer son oeuvre, elle les fixa attentivement guettant leurs réactions ...



Dernière édition par Fairië Lomé le Ven 25 Nov - 8:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une soupière à la mer !   Jeu 24 Nov - 18:01

Le hurlement mental de la décolorée transperça douloureusement la cervelle de Samain lorsque Beltaine apparut… Si son amulette était censée le protéger contre cette facette ô combien haïe de son pouvoir, l’effet portail que créait son reflet insoumis à l’influence du bijou ne lui épargnait pas les émotions fortes. Crier mentalement. Tout un concept. Il fallait vraiment vouloir lui filer une migraine pour faire une chose aussi sournoise…

Alors que Beltaine faisait son cinéma, Samain frottait sa tempe assourdie, contemplant d’un air vaguement intrigué l’ébahissement de la chanteuse. Bah quoi ? Tout Al Dryen ou presque avait un pouvoir, elle devait bien se douter qu’il en avait un aussi, non ? Elle était bien sorcière, pourquoi ne serait-il pas dédoublable ?

Les présentations faites, et Fairië semblant absolument satisfaite de Beltaine, elle saisit un clou et écrivit dans la poussière. Pas bête. Elle avait de la suite dans les idées au moins, elle ne s’embarrassait pas de difficultés bénignes… Les deux clones, Samain accroupi devant le tableau tracé, Beltaine debout, penché au dessus, les deux se tordant le cou pour voir dans le bon sens, lurent de concert les informations.
- Léviter ! s’exclama Samain avec enthousiasme.
Petit à petit, les derniers souvenirs se mirent en place dans l’esprit de Beltaine qui s’emplissait de l’ « être » Samain et il put enfin saisir toute la situation. Il fronça les sourcils et, presque rageur, écrivit en capitales dans la poussière : « je ne suis pas un corps astral ! »

- Beltaine, elle n’est pas sourde, juste aphone, commenta platement Samain.
- Je ne suis pas un corps astral !
- Ce qui ne l’empêche pas de savoir lire…


Les deux jumeaux s’affrontèrent du regard, Beltaine foudroyant Samain qui esquissa un sourire narquois : pour une fois que c’était dans ce sens et non dans l’autre… Le reflet était un peu susceptible sur sa nature, seul ses deux lui-même pouvaient plaisanter dessus sans risquer de le froisser…

- Beltaine, amorça Samain à l’adresse de Fairië, c’est plus comme… comme…
- Toi en mieux.
Le potentiel offensé balança une main lasse au travers de sa propre figure et poursuivit sans accroc :
- Un reflet de mon âme, mais changé... complété par le monde extérieur.
Samain passa par dessus la réelle question de sa collègue, peu désireux d’expliquer que Beltaine se nourrissaient de bout d’âme d’autrui incarnée en leurs perceptions pour se défaire de Samain. Il ne lui vint même pas à l’esprit de mentionner sa capacité se faire posséder par les gens à volonté… Et Beltaine, de belle humeur, ne lui gâcha pas la fête.

Le (les) Sidhorins reportèrent de plus belle leurs yeux sur les graffitis au sol et Samain, les yeux plein de curiosité :
- Alors tu lévites ? C’est génial ! J’adorerais !
- Tu parles d'un pouvoir estropié : c’est que la nuit…
- Chacun son estropiage… répliqua Samain avec un regard appuyé vers son double, j’ai pas eu de garantie pour le colis du double débile non plus.
- Qu’est-ce que je devrais dire, j’aurais préféré être le reflet de quelqu’un d’autre, crevette niaise et malingre !
- Et c’est l’ectoplasme qui cause ?
Une brève petite joute s’ensuivit, l’histoire de trois quatre piques qui se terminèrent sur des sourires goguenards d’une complicité rare et belle à contempler… Si les deux garçons n’avaient pas été une même personne à la base, on aurait presque pu dire qu’ils s’étaient rudement bien trouvés.

Samain reprit :
- Pour le plan : Beltaine ne peut pas boire de potion, ça lui passerait au travers, sauf s'il prend consistance consistance mais là…
Au souvenir de l’expérience, Samain ne put que laisser échapper un rire étouffé tandis que Beltaine prenait un air renfrogné. Effectivement, il semblait qu’à la dématérialisation de Beltaine, ce qu’il avait ingurgité restait au sol dans une jolie bouillie à moitié digérée…
- Ca marche pas, fit Samain hilare, de toute façon une potion de potentielle le rendrait au miroir, oui.
Beltaine fixa subitement Fairië, comme si une idée tenace lui avait traversé l’esprit… Samain soupira en la percevant, mais ne fit aucun commentaire.
- Je suggère de foncer dans le tas, de voir comment ça se passe et d’aviser en fonction du nombre d’alarme qu’on déclenchera !
- Quand je disais qu’il était niais, fit machinalement Beltaine sans sortir de sa profonde méditation.
- C’est toujours plus marrant quand on improvise, de toute façon ! On attend la nuit, que tu puisses léviter ?
Et l’accent dans sa voix exprimait toute l’impatience qu’il avait de contempler ce spectacle…
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MessageSujet: Re: Une soupière à la mer !   Lun 28 Nov - 9:38

Hé hé hé … mais c’est qu’ils avaient une répartie fort sympathique les jumeaux diaboliques, pour l’un tout était dans la verve et pour l’autre dans le regard tueur, une équipe de choc ! Fairië pouffa intérieurement, vivement que Melwa ait suffisamment de vocabulaire, qu’elle puisse enfin connaître les joies des joutes verbales fratricides !
En tout cas elle avait appris deux informations majeures : premièrement, demander à une « personne » si elle était de nature astrale relevait apparemment du domaine de l’insulte, et deuxièmement, Beltaine était de toute évidence bien plus susceptible que son double. Une petite chose encore, elle était reconnaissante à Sam’ d’avoir souligné qu’elle n’était ni sourde ni analphabète (théorie fumeuse considérant qu’elle écrivait sans discontinuer depuis le début de leur étrange échange...).

Craignant de dériver plus loin dans ses réflexions amphigouriques, la jeune étudiante studieuse qu’elle était chercha une image solennelle sur laquelle recadrer son esprit. Le portrait de Maître Barban Laire, illustre professeur du siècle passé peut-être ? Non son regard glacial aurait été parfait mais sa pilosité si particulière la faisait rire aux larmes … Non il fallait quelque chose de plus … le pouuuuuulpe ! Oui se concentrer sur les huit jolis petits tentacules pustulés rayés de magnifiques lignes bleues qui seraient bientôt entre ses mains expertes, hinhinhin …

Bien, maintenant qu’elle était de nouveau saine d’esprit (ou pas), qu’avait dit Samain déjà ? Que Beltaine était un reflet de son âme mais qu’il avait plus ou moins pris son indépendance niveau caractère … trop cool !!! Un pouvoir capable de se créer un frère jumeau qu’on peut trimballer partout grâce à un morceau de miroir, fallait y penser ! Si c'étaient les dieux qui leur donnaient à tous leurs pouvoirs, ils devaient être délicieusement cinglés ! Ca lui donnait presque envie de s’inscrire en théologie.

Ah l’attention se reportait sur elle dirait-on, Samain la regardait d’un air interrogateur :

- Alors tu lévites ? C’est génial ! J’adorerais !
- Tu parles d'un pouvoir estropié : c’est que la nuit…
- Chacun son estropiage… j’ai pas eu de garantie pour le colis du double débile non plus.
- Qu’est-ce que je devrais dire, j’aurais préféré être le reflet de quelqu’un d’autre, crevette niaise et malingre !
- Et c’est l’ectoplasme qui cause ?

Décidément, ils étaient géniaux ! Elle aurait pu rester toute l’après-midi à les écouter ! Enfin sauf concernant la remarque sur son « pouvoir estropié ». Bon d’accord ce n’était pas tout à fait faux mais inutile de remuer le couteau dans la plaie !
Quel dommage qu’ils soient dans un entrepôt, avec une petite boisson à siroter ça aurait été divin.

… De toute évidence, sa concentration s’était encore fait la malle.

Au moment où quelques tentacules bleutés tentaient, frétillants, de lui chatouiller les neurones pour la rendre à ses obligations poulpiques ; Sam’ vint à la rescousse du céphalopode onirique en replongeant dans le vif du sujet :

- Pour le plan : Beltaine ne peut pas boire de potion, ça lui passerait au travers, sauf s'il prend consistance consistance mais là… Ca marche pas, fit Samain hilare, de toute façon une potion de potentielle le rendrait au miroir, oui.

Elle aurait bien aimé voir ça, d’après la mesure des décibels du rire de l’ébouriffé ça devait être un sacré spectacle ! Bizarrement, l’idée lui échappa suite à un coup d'oeil sur le visage de Belt’.

Fairië avait toujours vécu avec des fantômes, le pouvoir de sa mère les concernant directement. Ceux-ci ne pouvaient se matérialiser même quelques secondes. Si le reflet d’âme de son collègue le pouvait, alors sa structure était obligatoirement différente … et pourtant il ne pouvait rien ingérer, et conservait la capacité de se dématérialiser et rematérialiser … ou bien était-ce un effet de la volonté de son original ? Pfff, trop de questions et pas assez de bouquins, elle ne pouvait même pas demander des éclaircissements aux jumeaux pour cause de sphère lumineuse contrariante sur fond bleu à l’extérieur du bâtiment.

- Je suggère de foncer dans le tas, de voir comment ça se passe et d’aviser en fonction du nombre d’alarme qu’on déclenchera !
- Quand je disais qu’il était niais,
- C’est toujours plus marrant quand on improvise, de toute façon ! On attend la nuit, que tu puisses léviter ?

Non mais ça va pas la tête ! C’était pas seulement niais, mais complètement stupide ! Avec des idées pareilles ils étaient sûrs de se faire prendre, et là, adieu le poulpe et adieu la vie tranquille ! Pénétrer par effraction dans l’académie pouvait déjà leur coûter cher, mais s’ils se faisaient prendre au retour avec leur larcin en poche … vive les conséquences !
La jeune fille secoua vivement la tête de gauche à droite avant de se tapoter la tempe de l’index en lui lançant un regard farouche (c’est pas comme ça qu’on dit « t’es dingue » en langage des signes ?). Puis elle écrivit au sol :

PLAN

Entrer de nuit

Grille fermée --> lévitation + corde
Porte d’entrée --> mère prof --> clé

Sécurités magiques dans le bâtiment --> Belt’
Si le miroir n’est pas sur toi, il peut apparaître ?
Les protections ne réagiront peut-être pas à un objet neutre,
donc s’il apparaît une fois le miroir passé, pas d’alarme !

Problème --> Belt’ devra trouver comment désactiver la sécurité
pour qu’on puisse aussi passer --> risqué …

Si découverts, prévoir évasion
Se cacher en hauteur ? Je peux léviter et vous lancer une corde ?
Autre idée ?

Ça résolu = ok pour cette nuit !

Se tournant vers les jumeaux elle leur offrit un visage aussi enthousiaste et impatient que celui de Samain. La nuit ne tomberait-elle jamais ?!
Enfin quel que soit le résultat de l’aventure, une chose était sure : avec une équipée pareille, ils ne risquaient pas de s’ennuyer !
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Samain Sidhorin


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MessageSujet: Re: Une soupière à la mer !   Dim 18 Déc - 15:13

Il est vrai que pour Samain, la réussite de leur mission importait relativement peu pourvu qu’ils s’amusent… A la limite, un peu d’adrénaline ne serait pas de refus… Le côté masochiste de Samain adorait entendre une alarme se déclencher lorsqu’il était au beau milieu d’un larcin, que ce soit sous la forme d’un « bip-bip » retentissant ou d’un hurlement de grand-mère affolée ! Mais ce petit défaut devait être de famille : il avait cesséde compter les fois où sa délicieuse sœur cadette s’était mise à brailler ou avait « infortunément » fait tomber une casserole sur un sol carrelé pour entendre le doux son de l’hormone pressant son rythme cardiaque… Tarée. Heureusement pour Fairië, Samain n’était pas à ce point suicidaire. Quoi que. Il ne fallait pas qu’il s’ennuie trop durant l’opération, pimenter le jeu pourrait alors le démanger sévèrement. Et il ne fallait même pas parler de Beltaine et ses désagréables pulsions puérilo-tête-baffable….

Bref, tout ça pour dire qu’effectivement, que la mission rate ou non, les dédoublés s’en moquaient bien… Mais pour leur collègue, ils acceptèrent tacitement de faire un effort. Beltaine fit une grimace mythique en lisant la profession de la mère de leur complice du jour, grimace qui faillit faire rire son original de plus belle…

Ils poursuivirent leur lecture et Beltaine répondit à la question manuscrite, du ton vexé de celui à qui l’on a pas directement demandé un éclaircissement à son propre sujet :

- Je peux « apparaître », cracha-t-il, tant que Samain mire sa tête de babouin quelque part !
- T’as la même tête que moi, simiesque crétin,
grinça ledit babouin avec lassitude, mon aimable jumeau peut traverser le miroir temps que je suis en face. C’est à dire que si l’on fait passer le miroir derrière les alarmes, il ne faut pas qu’il soit à plat sur le sol, il faut que je puisse m’y voir. M’enfin c’est pas obligatoirement un miroir, hein ?
Beltaine esquissa un mauvais sourire de renard rancunier :
- Par exemple, une soupière retournée pourrait suffire. Si vous aviez l’amabilité de nous prêter votre seyante coiffure de plus tôt, il suffira de la faire glisser pour que Samain puisse me voir dans le contour.

Subitement, Beltaine poussa un hurlement de douleur, saisissant son pied et sautillant dans tout l’espace disponible. Samain eut un ricanement étrangement cruel qui, plus étrangement encore, se termina sur un sourire solaire un tantinet narquois.
- Je DETESTE quand tu fais ça, hurla Beltaine entre deux sautillements.
- Tu n’as qu’à pas laisser trainer tes orteils au travers des caisses…
- C’est du pur SADISME !
- Mais tellement tentant…


Beltaine grommela de fort grossières insultes qui finirent en bouillie de borborygmes devant l’expression irrésistiblement réjouie de son double. Il marmonna quelques terribles vengeances, et frappa fort inutilement son bourreau, lui traversant le crâne. Samain l’avait matérialisé une fraction de seconde alors qu’il avait un bout de pied spectralement passé dans l’une des caisses. C’était toujours assez douloureux…
Le Sidhorin détestait pourtant donner consistance à son presque jumeau, mais il ne résistait jamais à l’envie d’éprouver cet étrange paradoxe…

- Pour ce qui est de la suite… Je pense que, que ce soit Betaine, toi ou moi, désactiver une sécurité de toute façon, c’est risqué. A moins que tu ne t’y connaisses en piratage d’alarme…
- A la limite, intervint Beltaine avec un accent incisif dans la voix, il suffirait de croiser le responsable de la sécurité pour découvrir comment la faire tomber, hein, Sam’ ?
Samain lança un regard noir à Beltaine qui faisait bien entendu référence à la seconde facette de leur don, facette ô combien haïe, absolument pas contrôlable et surtout pas, pour découvrir un truc aussi impersonnel que « comment désactiver une alarme ».
- Pas du tout ! Ca ne marcherait pas !
Voilà que l’ectoplasme allait tenter de venger son orteil meurtri… Vive les bâtons dans les roues que ça allait leur mettre…
- Si on est découvert… Bah… On coure. Il doit y avoir plein d’endroits pour se cacher dans une académie de toute façon, ça sera beaucoup plus facile que d’essayer de grimper à une corde. Et pour monter où ? Sur des poutres ?
- J’ai pas envie, fit Beltaine avec humeur.
Effectivement, l’idée d’être coincé dans un espace aussi restreint qu’une poutre ne le bottait pas plus que son véritable lui-même.

Un petit silence s’ensuivit. Finalement, Samain reprit, enthousiaste :
- Bon ben c’est réglé ! Il suffit de trouver un objet où je puisse me refléter, une soupière c’est effectivement jouable, de compter sur Beltaine pour désactiver la sécurité et de prier pour ne pas se faire repérer !
Absolument pas préoccupé par la dose de chance que réclamait sa propre phrases, il continua :
- Une corde, de la lumière, la nuit et on est prêt !
Beltaine poussa un soupir théâtral :
- Il n’a pas tort… Au pire, ça nous fera un peu de repérage, et on pourra toujours revenir peaufiner notre plan…
- Ca va être génial !
- C’est sûr…

Et le sourire de Beltaine sourdait une malice bien peu engageante…

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Fairië Lomé


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MessageSujet: Re: Une soupière à la mer !   Mer 4 Jan - 23:41

Beltaine lui semblait tout à coup bien moins sympathique. C’était quoi cette réaction d’utiliser une pauvre soupière incapable de communiquer par elle-même pour la mettre en pétard ?! Fairië eut l’envie subite de défendre son ancien heaume corps et âme contre les allégations mesquines de l’ectoplasme hargneux. De plus ce qu’il disait n’avait pas le moindre sens, Samain ne l’avait-il pas averti que le tavernier lui avait refusé la tutelle de la soupière ? A ce souvenir, la petite peste fulminait.

Beltaine poussa soudain un hurlement de douleur et se mit à sautiller de façon fort disgracieuse sur un pied.
- Je DETESTE quand tu fais ça,
- Tu n’as qu’à pas laisser trainer tes orteils au travers des caisses…
- C’est du pur SADISME !
- Mais tellement tentant…

Sir Samain, défenseur de la vaisselle et du couvre-chef, venait de venger sa pauvre soupière ; comme quoi, il pouvait être chevaleresque lorsqu’il le souhaitait. La jeune fille eut l’impression étrange que les jumeaux se complétaient en permanence ; lorsque l’un d’eux se distinguait par sa morgue acerbe, l’autre brillait par sa complaisance et sa serviabilité.
Qu’il était agréable d’entendre le doux son de leurs voix agrémenté de verre pilé s’écharper mutuellement … Après y avoir gouté, impossible de s’en passer ! Des joutes verbales comme celle-ci représentaient le sel dans la purée ou le poulpe dans la potion, bref, c’était important quoi. Adossée à une caisse, Fairië trépignait sur place, refusant de louper le moindre petit doigt dans l’œil, une lueur d’envie et d’amour incommensurable dans le regard : quel spectacle !
- Pour ce qui est de la suite… Je pense que, que ce soit Betaine, toi ou moi, désactiver une sécurité de toute façon, c’est risqué. A moins que tu ne t’y connaisses en piratage d’alarme…

Oh, retour aux affaires criminelles ! Quand le devoir vous appelle … L’oreille tendue, elle s’appliqua à tenter d’extirper un semblant de sens aux dialogues fraternels :
- A la limite, intervint Beltaine avec un accent incisif dans la voix, il suffirait de croiser le responsable de la sécurité pour découvrir comment la faire tomber, hein, Sam’ ?
Hein ? Samain pourrait …
- Pas du tout ! Ca ne marcherait pas !
Mais qu’est-ce qui ne …
- Si on est découvert… Bah… On coure. Il doit y avoir plein d’endroits pour se cacher dans une académie de toute façon, ça sera beaucoup plus facile que d’essayer de grimper à une corde. Et pour monter où ? Sur des poutres ?
Mais ils allaient la laisser penser oui !!! Pas moyen de finir une réflexion !
- J’ai pas envie.
Pas envie ? Face au risque de se retrouver dans le bureau du directeur de l’académie et s’y faire consciencieusement massacrer, "pas envie" ne semblait-il pas être un argument quelque peu ... léger ?
- Bon ben c’est réglé ! Il suffit de trouver un objet où je puisse me refléter, une soupière c’est effectivement jouable, de compter sur Beltaine pour désactiver la sécurité et de prier pour ne pas se faire repérer ! Une corde, de la lumière, la nuit et on est prêt !

Ah ben oui, emmener une soupière pour un braquage, on ne pouvait pas trouver plus pratique ! Pourquoi ne pas emmener un bouclier tant qu’on y est ? Histoire d’être encore plus discret ? Bon, pour les détails pratiques, elle s’en chargerait et piquerait un miroir chez elle. Compter sur Beltaine ne lui semblait plus une si bonne idée, mais en l’absence d’autres options … Quant à prier, elle allait s’y mettre le plus vite possible ! Fermant les yeux, elle se concentra profondément et formula mentalement, avec une conviction inébranlable, la supplique au dieu adéquat :

*Ada, tu dois adorer ce genre de plan à la morts-moi le nœud alors aides-nous s’il te plaît !*
- Il n’a pas tort… Au pire, ça nous fera un peu de repérage, et on pourra toujours revenir peaufiner notre plan…
- Ca va être génial !
- C’est sûr…


Co … comment ça un peu de repérage ? Elle avait besoin de son poulpe elle ! C’était fondamental, vital même ! Mais enfin, elle croyait qu’ils étaient d’accord ?! Ils n’allaient quand même pas la laisser choir !
Possédée par une panique que seul un manque de poulpe peut provoquer chez une sorcière, Fairië commit l’irréparable : elle ouvrit la bouche.
Sur un ton aussi hautain qu’incongru, les mots s’échappèrent de ses cordes vocales :

- De votre repérage je fais fi
A notre plan je me fie
Faute de choix ou cause de folie.
Ce soir à l’académie
Le poulpe dudit prof sera ravi !


...
...
...

Les yeux ronds, les mains plaquées sur son visage, la jeune fille fixait Sam’ et Belt’, pétrifiée.

Comment … Pourquoi … Non … Comment cela avait-il pu se produire ?! Aaaaah ! Et ce langage vieillot, sûrement un coup du « Sir Samain » de tout à l’heure !
Oh … non non non non non, il fallait … elle devait … parler ? … non … partir ? Articulant avec application un « à trois heure » afin d'éviter une nouvelle bourde, elle jeta un dernier regard terrifié aux jumeaux et s’échappa sans demander son reste.

Malédiction de m***, pour un peu elle en aurait pleuré ; enfin, elle disposait de quelques heures pour se reprendre et se préparer psychologiquement à ce qu’elle devrait affronter la nuit venue … et là elle ne pensait plus aux risques encourus par leur intrusion dans l’académie.

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Ada

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MessageSujet: Re: Une soupière à la mer !   Lun 20 Fév - 14:23

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