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Sund vous observe...
 

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 Une rencontre salvatrice

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Fairië Lomé


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Âge du peronnage : 17 ans
Localisation : Labo de potion ... héhéhé
Métier/Occupation : Chanteuse à l'auberge Ahéa
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MessageSujet: Une rencontre salvatrice   Jeu 10 Nov - 19:23

La nuit tomba tellement vite qu’elle l’a pris au dépourvue. Ou donc étaient passées ces trois dernières heures ? Mystère.

Fairië s’était enfuie de chez elle au milieu de l’après-midi afin d’arpenter quelques sentiers inédits dans la forêt. Plus intéressant que de garder sa petite sœur non ? Le son des pas de sa mère l’avaient prévenue juste à temps pour lui permettre de s’échapper par la fenêtre.
Envoutée par la sylve, elle s’était laissée entraînée de plus en plus loin, jusqu’à de nouveaux lieux inexplorés. Et quoi de plus excitant qu’un endroit vierge de son propre regard ?
Heureusement que c’était son jour de congé à la taverne …

La petite sauvageonne se sentait merveilleusement bien immergée dans la nature, elle aimait son indifférence, son ignorance du genre humain ; pour elle, animal, végétal ou homme, tout lui était d’égale importance, pas de privilégiés. Elle existait simplement, avant, pendant, après, dans et en dehors de tout. Comment ne pas se sentir profondément bien lorsqu’un univers vous accepte en son sein sans avoir l’indélicatesse de vous observer ? Vous emmène dans son monde sans chercher ni à vous commander ni même à vous conseiller, mais en vous offrant une totale liberté ? Ici les règles étaient différentes, pas de bien ni de mal, pas de hiérarchie dans les actions promises ou réalisées, pas de jugement. Chacun faisait des choix rapides ou spontanés, sans lourdes réflexions et longues « parlementations » : la nature telle qu’elle est, sans la cécité cultivé de l’homme qui la regarde*.
Impénétrable, Vif, Naturel et Sauvage, tels étaient les noms des quatre murs de sa seconde maison, et elle chérissait chacun d’entre eux.

Un seul souci mais d’importance : elle allait se faire démolir en rentrant. Le temps était systématiquement contre elle, dès qu’elle s’amusait, les heures devenaient des minutes et les minutes des secondes ; en revanche lors de journées désagréables le processus inverse s’enclenchait et les quelques heures de l’après-midi s’égrenaient à l’infini, ligotant leur prisonnière dans les cordes de l’ennui.
Sa mère, en voyant la fenêtre ouverte s’était nécessairement doutée de la manœuvre … ce qui n’avait déjà pas dû la mettre de très bonne humeur ; mais qu’elle ne soit toujours pas rentrée à 23h alors qu’elle avait promis de passer la soirée avec Melwa ? Là, ça allait barder.

Rentrer le plus vite possible semblait un choix judicieux. Grâce à la bienveillance de Syeen, Fairië put utiliser son pouvoir de lévitation pour s’élever au dessus des arbres, une petite astuce très pratique lorsque vous êtes perdu ou que vous êtes le l’heureux propriétaire d’un sens de l’orientation défiant toute logique.
Plus haut, plus haut, aller encore juste un peu plus haut ! Plus elle s’éloignait de la terre, plus son pouvoir de lévitation s’affaiblissait, un paradoxe pour le moins comique non ? Le chêne qu’elle avait choisit étant particulièrement grand, elle termina l’escalade de façon traditionnelle, utilisant les membres que la nature, dans sa grande mansuétude, lui avait donné. Et bien … elle était loin, très très loin, il fallait bien compter une heure ou deux pour rentrer … elle allait définitivement se faire tuer. Une petite vague d’angoisse la traversa, mieux valait ne pas y penser.

Jetant un dernier coup d’œil au magnifique panorama qui s’étendait devant elle, elle détecta un mouvement dans une clairière proche, un autre rôdeur sylvestre ?
La jeune fille se posa doucement sur le sol et parcourut rapidement les quelques mètres qui la séparait de l’espace dégagé au milieu des arbres. Une jeune femme, adossée à un arbre fumait tranquillement une cigarette. Son apparence évaporée tranchait avec la nonchalance de ses mouvements, de son bras portant à ses lèvres son péché mignon. Sa peau d’une pâleur surnaturelle l’intégrait subtilement dans l’atmosphère mystérieuse de la forêt nocturne.
Fairië sentit un étrange sentiment l’envahir, un sentiment qui ne lui était pas étranger, mais qu’elle ne parvenait à définir. Où avait-elle rencontré cette impression de mal être, intrigante et dérangeante à la fois ? La taverne, oui, c’était là-bas que cet émoi particulier s’insinuait en elle. Maintenant qu’elle se remémorait ses quelques nuits passées à l’auberge à chanter, l’image d’Enelle s’imposa à son esprit. L’étrange serveuse, efficace et silencieuse, et la fumeuse devant elle ne faisait qu’une. Devait-elle se déclarer ? Peut-être pourraient-elles rentrer ensemble jusqu’à la ville ? La jeune fille songea au long chemin qui l’attendait à paniquer quand à l’accueil qu’elle recevrait chez elle et se décida. De la compagnie, une discussion, n’importe quoi pour l’empêcher de penser serait le bienvenue. S’avançant plus avant dans l’aire déboisée, elle appela :


« Enelle ?»

*
Spoiler:
 


Dernière édition par Fairië Lomé le Sam 18 Fév - 23:18, édité 3 fois
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Enelle Stark


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MessageSujet: Re: Une rencontre salvatrice   Ven 11 Nov - 19:16

Que faisait de ses journées l’étrange Enelle lorsqu’elle ne travaillait pas ?

Parfois, elle ne faisait rien du tout. Elle s’asseyait quelque part – sur son lit, fenêtre grande ouverte, sur la falaise, avec vue sur la mer, sur un banc, dans la rue – et elle rêvassait tout en observant ce qui l’entourait. Alors, elle se laissait porter par le tourbillon de pensées qui la caractérisait, qui la tenait si loin du monde des vivants. Souvent, aussi, elle se laissait porter par son don, les flux de potentiels, curieuse d’en connaître l’origine. Et elle déambulait, de sa démarche si fluide, son regard étrange fixé sur ce qu’elle seule pouvait percevoir.

Sitôt son service, terminé, Enelle éprouva ce besoin de flâner, de se laisser porter par les flux magiques qui régissaient Al Dryen. Elle voulait se laisser porter dans l’air nocturne, d’autant plus que la nuit était particulièrement belle. Encore devant l’auberge Ahea, elle leva le nez pour contempler les cieux étoilés, le brouhaha de la salle encore bondée en fond. Le calme l’appelait ; pas l’écho persistant des vagues qui révélaient en elle mille et une sensations perturbantes, mais un silence paisible, naturel à ses oreilles.

Immédiatement, elle songea à la forêt de l’île qui lui prodiguerait sans aucun doute ce dont elle avait besoin – du moment du moins qu’elle ne s’approchât pas trop de la Cité des Ronces. Et sans prendre le temps de réfléchir d’avantage, elle enfouit ses mains dans les poches de son jeans et se dirigea dans la direction voulue, d’abord traversant la ville et ses rares passants, puis s’engageant dans l’orée de la forêt, sans changer de rythme. La nuit était claire, l’astre lunaire haut dans le ciel et ses prunelles étranges ne représentaient en rien un problème de visibilité – bien au contraire. Elle s’était toujours sentie plus à l’aise la nuit, dans l’obscurité, plutôt que sujette aux caprices du soleil. Son teint comme ses yeux sensibles ne s’en portaient que mieux.

La fraîcheur nocturne ne l’importunait aucunement, pas plus que le doux chant de la sylve et de sa faune, l’agitation suave d’une vie épanouie, insensible à la présence humaine en cette heure. Si elle se sentait toujours aussi étrangère en ces lieux comme sur l’ensemble de l’île – à l’exception faite du bord de mère, encore que – elle éprouvait une certaine plénitude, loin du tumulte de la ville. Une balade on ne peut plus idéale après un service éprouvant à l’auberge Ahea.

Quand l’envie de nicotine se fit trop forte – cette drôle de sensation qu’était le manque la fascinait – elle cherche un endroit où elle pourrait se laisser choir ; elle s’assit alors contre un vieux chêne dont la présence dégageait un Potentiel paisible. Drôle d’animal que cet arbre, non ? La question planait dans l’esprit d’Enelle, intrigante. Depuis quand les arbres dégageaient-ils de la magie ? Tout en portant une cigarette à ses lèvres, elle élaborait déjà quelques théories farfelues – Samain serait-il contagieux ? – telles qu’un homme qui, ayant le don de se transformer en arbre, avait fini par resté tel quel. À moins que cela ne fût en raison de la proximité de la Cité… Cette idée là lui donnait des frissons.

Oui, décidément, elle aurait beaucoup apprécié discuter de cet étrange phénomène avec son collègue. Elle ne put, d’ailleurs, s’interroger plus longtemps, son prénom résonna dans l’obscurité.
Tiens donc ?

Elle tourna la tête, laissant son geste en suspend, cigarette à mi-chemin de sa bouche, et haussa un sourcil quoique dissimulé par sa frange. Son regard océan se posa la drôle de fille qui arrivait. La connaissait-elle ? Elle plissa un peu les yeux pour discerner ses traits, sans pour autant en être certaine. En même temps, ce n’était pas comme si elle prêtait une grande attention à son entourage.

« Bonsoir. »

Le mot sortit naturellement, sa voix grave et dénuée d’émotion se perdant dans la nuit. Elle prit le temps de réfléchir à ce qu’elle allait dire, la façon dont elle allait demander l’identité de sa nouvelle interlocutrice ; puis, dans un élan de bon sens ou de bêtise, se ravisa. Pourquoi se fatiguer quand elle allait peut-être se présenter d’elle-même ?

Enelle se contenta donc de patienter et porta simplement sa cigarette à ses lèvres pâlottes.

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Fairië Lomé


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MessageSujet: Re: Une rencontre salvatrice   Lun 14 Nov - 9:56

Bonsoir. La jeune femme lui avait répondu, c’était donc bien Enelle. Cependant, une conversation ne semblait pas franchement l’attirer. Elle conservait son attitude nonchalante, indifférente, la présence de Fairië semblait moins l’intéresser que la feuille morte à ses pieds. Même le mot prononcé était atone, dénué d’émotion ou d’intérêt.
Enelle l’avait toujours intriguée, que pouvait-il bien se passer dans sa tête qui l’absorbe à ce point ? Une imagination débordante ? Un passé tortueux ? Un complot en cours de réalisation ? Un vide sidéral ? La jolie blonde semblait tout voir sans jamais rien regarder réellement. Vraiment étrange … Peut-être était-elle prisonnière de son propre esprit ? Mais dans ce cas, elle serait surement allée voir un guérisseur…

Fairië soupira, c’était elle qui ne tournait pas rond, inventer des ennuis à une jeune femme qu’elle ne connaissait même pas ! Enelle avait l’air très bien comme elle était.
Mais comment allait-elle pouvoir éveiller l’attention de sa collègue ? Que pourrait-elle dire qui puisse l’intriguer, suffisamment pour qu’elle accepte de rentrer avec elle ?
En attendant de trouver quelque chose d’intelligent, elles pouvaient déjà faire connaissance ; en dehors des « bonjour » et des « au revoir » à l’auberge, pas le moindre échange n’avait eu lieu entre elles. Cependant, entamer une discussion promettait d’être bien plus difficile avec la jeune femme qu’avec Samain : une qui ne parle presque pas et l’autre qui parle trop … super les collègues !

Enelle porta la cigarette à ses lèvres, décidemment, elle n’allait pas l’aider sur ce coup-là. Bon, quand faut y aller …

« Salut ! Je suis Fairië Lome, la chanteuse d’Ahéa, nous sommes collègues depuis deux semaines, tu me remets ? », débita-t-elle rapidement

Reprenant son souffle, la jeune fille continua d’un ton plus calme :

« Je ne m’attendais pas à tomber sur quelqu’un dans cet endroit, et encore moins à cette heure-ci. Enfin, pas sur un être vivant marchant sur deux pattes plus exactement, les quadrupèdes sont bien plus nombreux dans le coin, les rampants aussi … »

Toujours aucune réaction. Ça n’allait décidément pas être facile. D’un autre côté, elle n’avait posé aucune question directe. Enelle devait se dire qu’elle avait rarement rencontré une personne qui aimait autant s’écouter parler.

Fairië, enviait un peu l’impassibilité de la jeune femme, elle si facile à mettre en boule. La frange épaisse de sa collègue semblait mettre son regard à l’abri de toutes les provocations du monde, des petites agressions quotidiennes aux éclats de rage exceptionnels. Son attitude éthérée, son corps si particulier… Une étrange idée se forma dans son esprit, les dieux pouvaient-ils emprunter un corps à un humain ? Parce que si c’était le cas, ça expliquerait tout. Si une divinité avait possédé Enelle, elle aurait pu laisser une sorte d’empreinte en repartant ? Au niveau mental : un détachement hors-norme envers le monde qui l’entoure, et au niveau physique : une peau translucide !

Non … premièrement, elle était définitivement cinglée ; et deuxièmement, l’élaboration d’hypothèses aussi fumeuses signifiait clairement son grand besoin de sommeil, il y avait urgence à renouveler ses cellules cérébrales. Secouant brièvement la tête dans l’espoir désespéré que ça lui remettrait les idées en place, Fairië avança de quelques pas vers Enelle, elle ne savait toujours pas ce qu’elle faisait dans la forêt à une heure aussi indue. C’était un bon sujet de conversation ça non ?

D’un regard amusé, elle lui demanda :

« Alors, ta cigarette avait besoin d’un peu de verdure ? »
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Enelle Stark


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MessageSujet: Re: Une rencontre salvatrice   Mar 22 Nov - 19:06

Quel… enthousiasme.
Enelle demeura pantoise quelques instants, un peu perdue face à tant d’énergie. N’était-on pas au milieu de la nuit ? Elle cligna plusieurs fois des paupières, s’interrogea sur la nature exacte de son interlocutrice. Étrange animal que voilà, tout de même – bien qu’après son après-midi passée avec Samain, elle ne devrait plus s’étonner de rien. La pauvre Enelle prit quelques secondes de plus pour enregistrer les données débitées, une à une, les ancrant dans son petit cerveau, tournant et retournant les mots, les analysants avec soin, le tout, sans quitter son vis-à-vis de ses étranges prunelles. Elle sentait les flux de Potentiel, étranges, se pousser et se repousser, des forces contraires qui émanait de la jeune femme et de la terre. Elle pencha la tête sur le côté – geste plus que rodé par l’habitude – et se laissa envahir par une curiosité dévorante : quel don étrange pouvait donc se cacher derrière ce phénomène ? Elle rangea la question dans un autre coin de sa petite caboche, la conservant pour plus tard.

Toute à son observation, Enelle songea que, peut-être, Fairië allait finir par s’impatienter. Il y avait des gens qui n’étaient pas grands amis du silence, et bien qu’elle ne comprenait pas toujours ce désir fulgurant de communiquer par les mots, elle se prêtait volontiers au jeu qu’elle devinait – en son for intérieur – assez étranger à ses habitudes pourtant effacées. Elle adressa un sourire à sa collègue, s’emplit les poumons d’une énième bouffée de nicotine avant de considérer la cigarette calée entre son majeur et son index. Elle fronça les sourcils, chercha ses mots.

« Peut-être devrais-je lui demander, à cette cigarette. Il faudrait trouver quelqu’un qui parle aux objets. »

Et elle envisageait cette approche de façon tout à fait sérieuse. Sa concierge ne faisait que discuter avec le bois, cela ne comptait pas. Mais elle était certaine d’avoir déjà senti sur l’île quelqu’un qui était en mesure de papoter avec les objets dépourvus de vie propre – mais possédant une mémoire potentiellesque hors du commun ; immobiles et tacites témoins des actes quotidiens.

Hop, revoilà notre étrange serveuse qui se creuse les méninges, qui met de l’ordre dans ses idées et, qui se souvient peu à peu du début de la conversation, par bride, par mots, par idées, jusqu’à reconstituer la tirade de la chanteuse. Une vague de reconnaissance l’envahit sans qu’elle ne s’y attendît : elle s’était présentée ! Aucun besoin, alors, de s’interroger sur la façon la plus polie de demander quelques précisions sur l’identité de Fairië – joli, ce prénom – et elle jugea bien vite inutile de se présenter elle-même, cela aurait été d’un ridicule affligeant. Satisfaite d’être de plus en plus à l’aise avec le mode de pensée dryenois, Enelle poursuivit, inconsciente de son manque d’organisation pour donner à toute conversation la fluidité propre au commun des mortels.

« D’ailleurs, il me semble que tu chantes bien. »

Et le compliment pouvait difficilement être plus sincère ; Enelle était de ceux particulièrement sensible à cet art, sans qu’elle ne sût vraiment pourquoi. Si elle avait un talent certain en la matière, elle le réalisait à peine. Hélas, elle n’avait que trop peu écouté sa collègue, trop occupée à servir les clients dans le fond de la salle, si loin de l’estrade qui servait de scène. Souvent, le plaisir lui était volé par la rumeur constante, bien que plus basse lors des spectacles. Idée qu’elle ne tarda pas à exprimer à haute voix, le nez en l’air, perdu dans les étoiles.

« Dommage que l’auberge soit si peu propice à l’écoute. »

Et toute décousue qu’était sa conversation, Enelle sourit encore, un sourire léger de l’enfant qui tente de dissimuler sa fierté. Voilà qu’elle parlait avec deux personnes en dehors d’Elliott sur l’île. N’était-ce point là le début d’une existence plus réelle, plus palpable ?

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Fairië Lomé


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MessageSujet: Re: Une rencontre salvatrice   Jeu 24 Nov - 10:38

Demander à une cigarette si elle veut de la verdure … ah oui, c’était un concept, un concept novateur en plus ! Fairië rit intérieurement,ils allaient faire une fine équipe à l’auberge Samain, Enelle et elle : le garçon dont la manie de tout dire, le dicible comme l’indicible, déclenche des esclandres, la jeune femme à côté de la plaque qui murmure l’inattendu, et elle, la fille qui ne parle que la nuit et prend la mouche pour un rien. Oui, la taverne risquait de devenir encore plus animée !

La petite Lomé se demanda si Enelle et Samain se connaissaient bien. Ils étaient collègues avant qu’elle n’arrive, mais depuis combien de temps ? Des jours, des semaines, des mois ? Plus peut-être ? Jamais elle ne les avait surpris à rire ou converser ensemble ; mais elle n’était présente qu’à partir du coucher du soleil et la taverne tournait toute la journée.
Que pouvait faire Enelle de ses journées hors d'Ahéa d'ailleurs ? Il lui était difficile de l’imaginer rire à gorge déployée avec des amis, s’énerver sur un mécanisme récalcitrant, ou encore râler en faisant la vaisselle. Si elle laissait son esprit vagabonder, la jolie blonde lisait sur la plage sa cigarette à la main, jouait du piano ou marchait sur un fil au-dessus du vide. Fairië fronça un sourcil, la dernière image était troublante, pourtant elle lui allait si bien : Enelle cheminant sur le fil comme elle l’aurait fait sur une route, inconsciente de sa prouesse, absorbée comme toujours dans ses impénétrables pensées.

« D’ailleurs, il me semble que tu chantes bien. »

Une phrase pour le moins étrange. Le mot « d’ailleurs » suggérait un lien avec la phrase précédente. Or, la jeune fille avait beau se creuser la tête, elle n’en trouvait aucun entre l’ajout de verdure à une cigarette et le fait qu’elle chante bien. Enelle pensait-elle qu’elle ingérait des herbes qui lui donnaient une belle voix ? Ou qu’elle fumait des cigarettes « spéciales cordes vocales » ? Dans tous les cas, le compliment lui alla droit au cœur. C’est qu’elle était quelque peu susceptible sur le sujet voyez-vous, quand on a son petit talent personnel, on apprécie moyennement que quelqu’un vienne le remettre en question.
Cela lui fit d'autant plus plaisir qu'elle ne s’était pas aperçue que sa collègue l’écoutait : la taverne était bondée tous les soirs et les serveurs, en nombre restreint, abattaient un travail monstre ; sans compter l’effort de mémoire nécessaire pour retenir une dizaine de commandes et ne pas s’égarer en les servant … Et puis bien sûr l'obligation de conserver son équilibre afin de ne pas agresser d'innocentes personnes avec ... une soupière, par exemple ?
Jamais elle n’avait réellement pensé à tout ça, tout paraissait si « normal », si bien huilé dans l’organisation du soir, chacun à son poste faisant correctement son job (à part Samain pour une certaine compétence en particulier ...), qu’elle n’avait jamais réfléchi à la difficulté du métier des autres membres de l’équipe.
Après, évidemment, il y avait nombre d'imprévus suivant l'humeur et le taux d'alcoolémie des clients ... mais l'équipe était pro (pour le moment en tout cas).

« Dommage que l’auberge soit si peu propice à l’écoute. »

Oh, elle voulait vraiment l’écouter alors ? Fairië se sentit heureuse, flattée certes, mais surtout heureuse. Lorsqu’elle s’était engagée à l’auberge c’était bien sûr pour s’occuper, faire partie de quelque chose et essayer de nouer quelques contacts au sein de la Rébellion ; mais c’était aussi parce qu’elle adorait chanter, seule ou en public. Qu’Enelle lui révèle aussi franchement que son plaisir de chanter accompagnait celui de ceux qui l’écoutait la ravissait. Elle ressentit cette joie timide et délicieusement embarrassée qui envahit ceux dont un compliment reconnait la valeur d’un talent qui leur est précieux. Fairië sourit, elle était vraiment gentille Enelle, de cette gentillesse agréable qui ne déborde pas, simple et authentique. Le sentiment de gêne qui s’immisçait en elle lorsqu’elle s’approchait de la jeune femme s’était évanoui, elle se sentait bien.

La petite fugueuse se demanda si Enelle la trouverait prétentieuse si elle lui proposait de chanter une chanson ? Elle en avait composé une la semaine précédente et n’avait pas encore osé la fredonner pour une autre qu’elle-même. Ses talents dans ce domaine laissaient encore à désirer, après tout elle n’avait que 17 ans et quelques décennies pour s’améliorer ; mais elle l’aimait bien ce morceau. Et puis en allant à la bibliothèque la veille pour fouiller les livres des Maîtres de potions, elle était tombée par hasard sur le recueil d’un barde inconnu, un certain Erik L’Homme. L’un de ses poèmes l’avait fascinée ; et dans le secret de son esprit, les notes s’étaient naturellement posées d’elles-mêmes sur les mots. Elle comptait révéler sa dernière trouvaille le lendemain soir à la taverne, mais peut-être Enelle aimerait-elle l’entendre avant ? La forêt était plus propice à l’écoute qu’Ahéa …

Et puis après tout la jeune femme avait laissé entendre qu’elle aimait sa voix … alors pourquoi pas ?

« Ça te dis que nous rentrions en ville ensemble ? Je chanterai si tu le souhaites ; mais peut-être préfères-tu rester encore dans la forêt … ? »
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Enelle Stark


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MessageSujet: Re: Une rencontre salvatrice   Ven 25 Nov - 7:27

Enelle tira une longue bouffée sur sa cigarette, l’expira, son regard perdu dans les volutes de fumes quelques instants. Un long frisson lui parcourut l’échine alors qu’elle sentait un flux d’énergie familier, un écho puissant avec la Cité. Ce soir, la bête semblait plongée dans une fureur noire ; il ne valait mieux pas croiser ce sombre individu. Elle ferma les yeux et se concentra pour voir dans quelle direction il partait, puis, une fois rassurée, elle revint à elle, le regard plus hagard que jamais.

Consciencieusement, elle pressa son mégot de cigarette avant le filtre, pour faire tomber le reste de tabac encore incandescent dans la terre humide, et rangea le mégot dans sa poche. Peu lui importait que ses poches sentent le tabac froid, elle n’aimait pas laisser ses ordures aux bons soins de la sylve. Elle s’assura qu’elle n’avait pas mis le feu à une brindille par inadvertance, puis, rassurée, elle se leva, dans un geste souple et étrangement fluide. Elle leva les bras vers le firmament et s’étira longuement ; une bourrasque secoua brièvement sa chevelure blond cendrée, offrant ses prunelles singulières aux lueurs nocturnes quelques instants.

La pensée se glissa jusqu’à sa conscience : elle n’avait pas répondu à Fairië.
Elle cligna se tourna vers son interlocutrice et commença à rassembler ses pensées. Zut. Cette inquiétude que l’originaire de la Cité avait provoquée en elle lui avait fait perdre le fil. Que proposait-elle déjà ? Elle s’en voulait un peu, tout de même, d’être si longue à la détente, si aisément distraite. La pauvre chanteuse devait trépigner, guetter sa réaction, sans qu’Enelle ne cille. Ou alors, elle lui avait peut-être même parlé ? Voilà qui serait davantage ennuyeux, il n’était pas très poli – du moins, c’était ce qu’Elliott disait – de ne pas répondre. Les gens y voyaient un certain snobisme, du mépris, ou que savait-elle encore, qui les mettaient souvent en colère. Un léger soupir lui échappa, de dépit envers elle-même.

« Excuse-moi, mon esprit vagabondait ailleurs. »

Au moins, si Samain lui avait bien appris une chose, c’était de dire la vérité, sans fioritures. Allez savoir si c’est une bonne chose pour autant…

Elle passa une main sur sa nuque, quelque peu endolorie par sa trop longue immobilité. Puis, elle réalisa quelle avait été la proposition de sa collègue, et l’idée l’enchanta :

« Ce serait avec joie ! »

Et aussitôt, elle glissa ses mains dans ses poches, ses manches trop longues plissées sur ses poignets, prête à se mettre en route ; elle n’attendait plus que le feu vert de sa compagne d’excursion.

Elle ne pouvait s’empêcher de penser que toute son existence semblait être reliée au chant. Était-ce le cas avant qu’elle ne perde la mémoire ? La question resta en suspends quelques secondes dans son esprit, comme tant d’autres, flottant et irradiant de cette sensation de malaise, pour enfin s’estomper doucement. Entre ces voix par milliers qui chantaient l’hymne de son passé dans sa tête, tout bonnement étourdissantes et ses révélations à Samain, parce qu’elle ne pouvait les réfréner quand elle était à proximité des flots… Parfois, Enelle se demandait si le potentiel avait ses limites, si il pouvait prendre naissance de la voix, s’amplifier par cette seule action, si le chant n’était pas une traduction des flux d’énergie qui traversait l’île. Elle se promit de trouver quelqu’un qui aurait un don en relation avec les mélodies, le chant, pour en étudier plus spécifiquement les aléas. Un tour à la bibliothèque serait plus que bienvenu aussi, histoire de renouveler ses lectures et de faire de plus amples recherches sur la question.

Elle rangea ses résolutions dans un coin de sa tête, se focalisant à nouveau sur Fairië. Il y avait bien plus important que les recherches pour le moment : l’écouter.

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Fairië Lomé


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MessageSujet: Re: Une rencontre salvatrice   Sam 26 Nov - 19:39

Enelle resta silencieuse un long moment. L’ennuyait-elle à ce point ? Sa question ne méritait pourtant pas tant de réflexion ? Elle semblait repartie dans son monde, la cigarette toujours allumée dessinant d’éphémères serpents de fumées qui se mariaient puis se séparaient ou fusionnaient avant de disparaître dans le ciel. Son corps se remit soudainement en mouvement, écrasant sans pitié entre ses doigts le mégot devenu inutile. Puis s’étirant de tout son long comme un chat au réveil, son regard se fixa sur Fairië, sa frange dissimulant mal son air interrogateur.
Une fois de plus la jeune fille se perdit dans la multitude de possibilités qu’offrait la perplexité de sa collègue. Peut-être avait-elle oublié sa présence et s’étonnait-elle de voir une personne plantée devant elle au milieu des bois ? Ou bien sa proposition lui avait parue tellement décalée qu’elle ne savait quoi répondre ? Peut-être aussi voulait-elle refuser, et cherchait-elle un moyen de ne pas la vexer ? Si c’était ça, elle disposait d’une délicatesse dont la nature avait cruellement privé Samain …

« Excuse-moi, mon esprit vagabondait ailleurs. »

Ouf, c’était beaucoup mieux que « tu m’ennuies va jouer ailleurs ». Et oui certaines personnes mal embouchées s’étaient déjà permises de la snober ainsi. Ceci dit, elles l’avaient regrettées par la suite, on ne parle pas ainsi à une sorcière susceptible sans conséquences ; fouillant ses poches, l’apprentie empoisonneuse s’était munie d’une fiole qu’elle comptait vendre dans l’après-midi à une amie de l’académie. Et bien Milen attendrait une journée de plus et serait ravie de l’utilisation de la potion qui lui était destinée, elle en était sure. L’embouchure du flacon agrémenté d’un vaporisateur lui faciliterait grandement la tâche. Minaudant devant les jeunes prétentieux son « parfum » à la main, elle avait brusquement allongé le bras pour en arroser abondamment leur blonde et soyeuse chevelure de prince charmant à la manque … chevelure qui ne mit qu’une trentaine de secondes à choir honteusement au sol. L’ennemi à terre et son égo rétablit, la vengeresse s’était enfuie écroulée de rire, se faufilant parmi les éclats moqueurs des passants. Evidemment elle avait ensuite évité le coin quelques temps …

Mais revenons à Enelle, qui finit par formuler les mots tant attendu de notre petite peste :

« Ce serait avec joie ! »

Fairië se retint pour ne pas trépigner sur place et bondir en l’air. Une compagne pour rentrer et en musique en plus ! Ô Joie ! Mais que chanter ? Sa composition personnelle ou le poème de son nouveau barde favori ? Mieux valait ne pas prendre de risques inutiles, et puis … ils étaient vraiment beaux ces vers. Erik L’Homme, de son humble avis, était un pur génie : ses mots l’avaient enveloppée toute entière, étourdissant son monde intérieur de nouvelles images, aventures et sensations, un envoûtement. Enelle devait absolument l’entendre !

La fine silhouette de la jolie blonde se distinguait tout juste de la forêt, elle semblait attendre son signal. Tournant un visage radieux vers elle, Fairië l’invita dans un sourire :

« On y va ? »

Puis, par peur que sa collègue ne lui attribue l’œuvre d’un autre :

« Le poème que j’aimerais te chanter est né de la plume d’Erik L’Homme, un barde dont j’ai rencontré le recueil il y a peu de temps, à la bibliothèque. Il m’a … euh ... investie. », avoua-t-elle d'un ton hésitant.

Les deux jeunes femmes se mirent en route d’un pas léger, foulant le chemin menant à la ville. La voix claire de Fairië s’éleva alors, simple et franche, se mêlant harmonieusement à l’atmosphère environnante. Le timbre se gonflait ou s’apaisait, suivant les évolutions de l’œuvre de l’artiste. Possédé par son texte il s’angoissait, se calmait, s’accélérait, ralentissait, ne s’éteignait que pour reprendre avec plus de force, chantait les mots autant que les gestes, ainsi que les bouillonements que la redoutable alliance suscitait dans l'âme et le cœur de la chanteuse :
Je suis le chevaucheur, le voleur de nuages,
Je danse sur la lande comme le faucon en voyage.

Je suis le coureur infatigable,
Celui qui martèle de ses pas les chemins innombrables,

J'accompagne l'envol du noir corbeau de l'haruspice,
Le tourbillon de cendres dessus le précipice.

Je suis le marcheur aveugle, les yeux figés,
Contemplant une lune qui tarde à se montrer.

J'arpente l'horizon orange
Qui fabrique d'étranges orages ;
Éclair d'ivoire, gouttelettes d'eau pâle,
Châle de pluie sur l'herbe endormie ;
La feuille se détache et vient tomber sur la peau de la mare,
Dans laquelle se reflète un morceau de ciel noir.

Je suis le commis sanglant,
Le fil d'une épée d'acier blanc,
D'une lame damassée aux reflets de cauchemar,
La hache au manche noir, le bouclier bavard,
Le casque au cimier grimaçant !

Je suis le rapace avide,
L'épervier vorace,
Le fléau splendide,
Le râle d'hommes qui sont encore et presque morts,
La grogne des linceuls, la mandragore,
La main qui déchire les chairs, la gueule qui dévore les corps.

Je suis la montagne qui bouge,
Le vent tambour,
Le fleuve qui s'allonge.
Je suis la fleur rouge
Qui court et qui ronge.

Je suis le titan échoué
Sur des rivages glacés,
Aux galets froids,
Le choc des vagues et puis l'effroi,
Les vastes flots bruissant de rage.

Je lèche la sueur
Qui sourd de mille pores,
Je hume la peur
Exhalée par les gouffres noirs.
J'entends les cris des hommes
Hurlant dans la pénombre d'une mer vide,
J'écoute la terre qui se tord,
La sirène enchaînée qui appelle les pâles désirs
Au festin de la mort.

Je suis le voyageur sur le port
Guettant le navire des derniers jours
Qui flottera sur les ongles des morts.

La jeune chanteuse termina sur une note grave et profonde, nourrie d’un soupçon angoissant de machiavélisme ; puis se tut, poursuivant en silence son chemin aux côtés d’Enelle, en état de transe, la tête envahie des vers chantés.



Dernière édition par Fairië Lomé le Sam 10 Mar - 10:25, édité 1 fois
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Enelle Stark


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MessageSujet: Re: Une rencontre salvatrice   Dim 12 Fév - 16:58


Enelle rejoua l’air dans sa tête. Essaya d’en déceler les secrets, les subtilités. Elle avait prêté une oreille particulièrement attentive au chant tout d’abord, s’était concentrée plus sur la musique que sur les paroles – mais c’était dans la nature d’Enelle, hélas, d’être moins réceptive aux mots. La musicalité lui avait plu, tout autant que la voix de sa collègue. Elle appréciait son talent, la passion qu’elle mettait dans l’exercice. Le plaisir qu’elle y prenait. Tout cela se ressentait dans chaque note. Pour un peu, on pourrait presque croire qu’il n’y avait que cela, des notes, un rythme, une voix. Et pourtant. Les vers lui rappelaient quelque chose. Quelqu’un. L’intensité du chant et des paroles réveillaient en elle un faible écho à ce qui rôdait sur l’île. À ce qu’elle avait perçu plus tôt.

Un long frisson lui parcourut l’échine.
Ses sens, alertes, son don en émoi, elle sonda les alentours. Les humeurs des flux magiques redevenaient paisibles. Le fléau n’était plus là. Heureusement. Elle jeta un regard en biais à sa nouvelle amie. Se doutait-elle que les sons pouvaient influencer les flux ? Que si elle mettait toute son âme dans une chanson, dans des vers si beaux, si puissants, elle pouvait guider ceux qu’ils pouvaient désigner ?
Brièvement, elle se demanda si le barde qui avait écrit ses paroles avait connu Glen, ou un des siens. Ce serait peu probable. Elle-même ne l’avait jamais rencontré. Mais elle le sentait souvent. Le devinait. Elle ignorait si c’était ça, appréhender une rencontre. Elle ne possédait pas de souvenirs s’en assurer.

« C’était sublime, » dit-elle enfin.

Briser le silence lui répugnait un peu, mais elle se raisonnait. Inutile de virer paranoïa. Devait-elle prévenir Fai’ ? Ce mauvais pressentiment ? Comment réagirait-elle ? Encore émue par l’intensité ressentie, elle s’intima le calme, comme pour reprendre son souffle. La précipitation n’était pas dans sa nature, son pas était toujours déterminé, assuré, régulier. Mais jamais précipité. Son esprit quelque peu retord repartit donc à ses divagations avec son calme habituel, explora les possibilités, le pourquoi du comment, jouissant de la tranquillité nocturne et du souvenir si élégant du chant qui soufflait encore dans sa tête.

Dans sa lente et appliquée réflexion, Enelle décida qu’elle aimait bien sa comparse nocturne, qu’elle s’en voudrait probablement si quelque chose de malencontreux lui arrivait. Oui, il valait mieux la prévenir.

Elle tira son paquet de cigarette de sa poche, en alluma une nouvelle. La bouffée de nicotine la ravit. Le nuage de fumée recraché l’hypnotisa quelques secondes, arabesques diaphanes dans la nuit. Une fois son rituel effectué, elle reprit :

« Mais dangereux. Savais-tu que la musique pouvait influencer la magie ? »

Et comme d’ordinaire, l’étrange blonde n’avait pas conscience de l’impact que pouvait avoir paroles, incapable de concevoir que les autres n’étaient pas en mesure de la suivre dans les méandres de ses pensées. Sa bizarrerie chronique venait pourtant de là ; sa capacité à la réflexion semblait s’étendre sur des territoires inconnus, ses réflexes différaient des autres, ses priorités avaient de drôles de desseins.

Spoiler:
 

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