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Sund vous observe...
 

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 ◊ Histoire

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Uen


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MessageSujet: ◊ Histoire   Dim 28 Aoû - 13:50

Prologue : Le testament


    « Contemple, prisonnier, contemple donc ce visage, celui qui t’inspire confiance quel que soit ton camp. Accepte donc le fait : Gabriel Jewel est le maître de ces lieux, il mène la rébellion, rassure les neutres… Et pourtant, dans l’ombre, il demeure Sund, sombre instigateur du Chaos… »




Château de Sund, les Cachots.


« Ainsi commence votre apprentissage, nouveau venu.
Les as-tu entendues, ces paroles, ces paroles si cruelles, si réelles prononcées par Sund, maître du Néant ? Ou bien, suis-je la seule dans les tréfonds de mon cachot à les avoir perçues ? Certainement.
Quel que soit votre camp, vous devez accepter de demeurer ignorant. Oui, ignorant, c’est bien cela. Jamais aucun d’entre vous ne réalisera que Gabriel Jewel, votre dévoué serviteur et l’odieux Sund, idole des Sya noirs, le divin tyran ne sont qu’une seule et même personne.

Pour tout comprendre, il vous faut filer au commencement de la chose, dans la jeunesse de ce dit Gabriel Jewel. Car, on le sait tous, les plus grands génies du mal voient leurs ambitions prendre racines suite aux traumatismes vécus. Gabriel n’est pas mauvais, ni fou… Simplement, il a choisi la mauvaise voie. Pour notre grand malheur à tous, les habitants d'Al Dryen, à jamais prisonniers de ces lieux.
La mort de ses parents, est une chose.
Quinze années auparavant, Al Dryen demeurait secouée par son conflit interne, suite à l’abolition de la royauté. L’avènement de la démocratie n’avait fait qu’entrainer la fureur des royalistes. Seule la violence fut de mise, et ce en vain : la démocratie demeure tandis que les victimes de cette guerre civile furent relayés au triste rang de souvenir.
Les Jewels furent de ceux-ci.
Encore si vivant dans l’esprit du jeune garçon, désormais à l’orphelinat. Gabriel avait donc six ans, et son regard demeurait encore animé par les flammes de l’incendie qui avait détruit sa maison, ses géniteurs, sa vie. La maison en question est à nouveau sur pied, désormais. Evidemment, ce petit génie est de loin la personne qui possède le plus grand potentiel jamais vu. Le pouvoir absolu. Alors, il ne s’agissait que d’une broutille, pour lui, que de redonner vie à ses souvenirs.

Là n’est pas le sujet, et je dispose de peu de temps pour vous conter la suite de cette tragédie.
Gabriel, dès ses premières années à l’orphelinat, tomba amoureux de la fille du directeur. La jeune fille, de quelques années son ainée se nommait Sakura Lowy et se trouvait uniquement intéressée par le véritable talent que possédait le jeune garçon pour la magie : celui de la Volonté Absolue. Pour sa part, elle n’était munie que d’un don simple, mais exceptionnel et utile : l’Annulation. Aucune magie n’avait d’effet sur elle, Gabriel n’avait aucune emprise directe sur Sakura. Il arriva un jour où, bien évidemment, Gabriel se rendit compte qu’elle ne l’aimait pas. Et ce fut le début de la déchéance totale.

Désespéré, décidé à mener le monde comme il l’entendait, Gabriel se tourna vers les organisations de mage Noir, utilisant ses pouvoirs pour ne pas être reconnu. Ainsi, les personnes qui voyaient « Sund » voyaient Gabriel Jewel sans le reconnaître. Et il en est toujours ainsi.
Il se laissa enrôler, grimpa les échelons et inventa un machiavélique plan pour prendre le pouvoir. Le Sceptre d’Uen, déesse de la justice, est l’unique objet qui confère le pouvoir sur cette île. Il reposait dans une salle surprotégée… Ce qui ne fut pas suffisant pour lutter contre les pouvoirs de Gabriel. Désormais âgé de dix neuf ans, il avait acquis une incroyable puissance, avec laquelle personne ne pouvait rivaliser. Pourtant, il continua à se faire passer pour Sund. Le crime fut officiellement fait de ses mains. Et tout aussi officiellement, Gabriel Jewel se déclara Chef des Opposants, menant la rébellion et jurant de détrôner Sund.
Les deux entités s’opposaient. Gabriel passait pour le citoyen modèle, une figure de gentillesse et d’altruisme. A l’opposé, les rumeurs qui courraient sur Sund n’inspiraient que la crainte. Mauvais et perfide, son aura s’étendait comme une ombre sur Al Dryen Les nouvelles lois furent simples : les habitants étaient dans l’impossibilité de quitter l’île, et ne pouvaient prévenir les autres venus commercer.
Son règne sournois débutait.

Et voilà, vous savez tout. Seulement, ce Testament, mes dernières volontés jamais vous ne les lirez.
Mon seul espoir est d’utiliser ce qui me reste de magie pour le mettre quelque part en lieu sûr, pour qu’un jour la vérité éclate sur Al Dryen, que Gabriel ne puisse plus être vu comme un innocent. Gabriel Jewel est Sund, Sund est Gabriel Jewel. Mais toi, ô lecteur, si jamais tu trouvais ce testament, comment réagirais-tu ? Me croiras-tu ? Parviendras-tu à rendre ce document public avant qu’il ne te trouve ? Et, survivras-tu ?
Le poids de ce secret est bien plus lourd à porter que ce que l’on pourrait croire.

Déjà la mort et les regrets me gagnent.
Il vient. Il va me tuer, je le sais. Il m’aimait, il me hait.

Sakura Lowy. »



    « Tu viens d’utiliser la magie. Dans quel but ? »
    La voix glaciale de Sund emplit la pièce, vibrante de colère. Une colère aussi bien dirigée vers la jeune fille brune qui le fixait de son regard acajou qu’envers lui-même, pour avoir sous-estimé ses capacités.
    Un sourire ironique se traça sur les lèvres de Sakura.
    « J’ai caché la vérité. Un jour, quelqu’un la trouvera. Et ce sera la fin de ton règne. »
    Un soupir.
    « Tu es stupide, Sakura. Si stupide. Penses-tu vraiment que je n’arriverai pas à mettre la main dessus ? »
    « Qui sait ? »




Dernière édition par Uen le Mar 30 Aoû - 17:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ◊ Histoire   Mar 30 Aoû - 9:38

La prise de pouvoir de Sund




Biographie de Gabriel Jewel,
(Anonyme, doté du don du Souvenir.)


L’homme avançait le plus vite qu’il le pouvait vers le bâtiment du Pouvoir. Il fallait impérativement qu’il y accède avant que tous ces gens s’en aillent… Certes, il n’était même pas censé s’y rendre. Mais les choses changeaient, après tout… Un sourire fugace couru sur ses lèvres à cette pensée. Il n’y avait pas de gardes, et ce, malgré l’assaut des royalistes déjà quinze ans auparavant. Quels inconscients… Ils allaient se faire attaquer, à ce rythme… Un nouveau sourire se dessina sur les lèvres du jeune homme alors qu’il poussait la porte. Une protection était certainement installée, mais il l’avait désactivée sans même y songer. Le couloir qui le menait à son but était froid, aussi sombre que son âme. Il eut plus de difficultés avec la porte du Conseil. Il sentait les présences derrière elle, mais ne pouvait les atteindre sans ouvrir cette porte qui ne semblait prête à collaborer. Les meilleurs Dryenois étaient juste là, se doutant peut-être vaguement de sa présence ou ayant trop confiance en leur système de sécurité pour prêter attention aux présences étrangères… Il déploya une infime partie de son art et parvint à entrer. Il avait visiblement interrompu une réunion importante, car toutes et tous le regardaient d’un air ahuri. Un homme éleva la voix pour lui demander qui il était et pourquoi il était là. Toujours poli, il leur répondit d’une voix glaciale.

« Je suis Sund. Je viens m’emparer du sceptre d’Uen et, par extension, du pouvoir. »

C’est à ce moment qu’ils réagirent enfin. Espéraient-ils vraiment avoir une chance face à lui ? Il étaient ridicules, et feraient mieux de fuir comme des lâches sans demander leur reste, aux yeux de l’intrus… Tuer lui faisait horreur et, pourtant, c’est sans hésitation qu’il barbouillait sol et murs du sang des victimes de ce combat bien inégal. Certes, lesdites victimes avaient l’avantage du nombre, mais personne ne s’était jamais aventuré aussi loin sur les chemins de la magie que celui qui se faisait appeler Sund… Et qui fut très fier de se retrouver seul au milieu des cadavres. Il était épuisé, et légèrement blessé. Il n’avait qu’une hâte, s’emparer de ce pourquoi il avait fait tant de dégâts et rentrer se soigner. Une lueur de convoitise brillant dans ses yeux verts, l’homme atteignit l’objet sacré… Ou presque. Tout ces gens qui s’étaient sacrifiés pour le symbole du Pouvoir n’avaient pas fait les choses à moitié. Il lui fallut un immense effort pour annuler toutes les protections, mais un dernier sourire tordit ses lèvres alors qu’il mettait enfin la main sur le sceptre…

« Gabriel ? »

La voix craintive qui s’était élevée dans la pièce avait instantanément brisé la joie du jeune homme… Sakura ? Comment l’avait-elle reconnu ? Et que faisait-elle ici ? Ah, oui, pour cette dernière question, au moins, il avait une réponse. Son petit ami faisait partie du Conseil… Le dégoût envahi Gabriel en pensant à cet homme et Sakura ensemble. Elle était certainement venue l’attendre, et avait été autorisée à rester à l’intérieur, car la nuit n’était pas sûre pour une jeune femme aussi charmante… Refusant de lâcher l’objet de sa visite, le nouveau tyran se retourna lentement vers elle, s’efforçant de faire disparaître les derniers vestiges de son machiavélisme de ses doux traits. Il se sentait presque comme un enfant prit en faute. Elle sembla faire le lien entre les vêtements sombres de son cadet tâchés de sang, les cadavres au sol et le sceptre dans la main du jeune homme… Elle ouvrit la bouche, désirant certainement prendre la parole ou hurler, et ils disparurent tout les deux. Gabriel s’était tout simplement débrouillé pour disparaître, avec le témoin de sa culpabilité, et laissant derrière lui une lettre rédigée à l’avance, indiquant s’était emparé du pouvoir et les premières lois qu’il voulait faire appliquer…
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MessageSujet: Re: ◊ Histoire   Mar 30 Aoû - 9:45

L'Appel à la Résistance de Gabriel Jewel




Biographie de Gabriel Jewel,
(Anonyme, doté du don du Souvenir.)


Le premier Octobre…
Une date décisive.

En plus d’annoncer le début d’un nouveau mois, cette date serait le symbole d’une nouvelle ère. Celle de la résistance. Ce nouveau mouvement allait être mis en place. Partout, dans toutes les auberges, sur les murs de la ville, la même affiche, le même message, encore et toujours. Un message qui pouvait être à la fois porteur d’espoir et de déception. Pour certains, cela ne serait considéré que comme de vulgaires élucubrations. Pour d’autre, cela serait le début d’une nouvelle existence.

« Dryenois, Dryenoises, le premier octobre, à quatorze heures, Gabriel Jewel vous convie sur la Place Publique. »

Un discours. C’était ce qu’avait prévu le prodige d'Al Dryen. Un magnifique discours, qu’il avait consciencieusement rédigé auparavant. Un discours pour ébranler les plus hésitants, soutenir les plus véhéments, parvenir à diffuser le souffle de la révolution dans l’âme de chacun.

Encore cinq minutes, et deux heures de l’après-midi sonneraient. Plus que cinq petites minutes et déjà, les gens commençaient à arriver, pour la plupart intrigués. Qu'était-ce discours ? Ils le sauraient bien assez tôt. Il y avait quand même une minorité des individus qui attendait, certains de ce qui allait se dérouler sous leurs yeux, ou en ayant plus ou moins une idée. Des personnes motivées, songeait le jeune homme, qui pourraient très vite être les piliers de la Résistance.
Gabriel installa les sorts qui lui permettraient de se faire entendre de tous sans exception, celui d'amplification de sa voix par exemple, avant de se diriger d'un air tranquille vers la statue d’Uen, en monta sur le piédestal. En d’autres circonstances, son geste aurait paru quelque peu honteux : il osait se tenir là, contre le monument, caressant du bout des doigts l’épée de pierre brandie près de lui. Néanmoins, ce symbole en lui-même était indispensable pour intensifier l’impact de son futur discours.

Quatorze heures.
La place fut envahie quelques instants par le lourd tintement du clocher, glas de la sentence. Le jugement de la Déesse.
Il allait se confronter au peuple, ou plutôt leur parler, à tous. Il était temps d'afficher ses positions. Bien sûr, il ne les pensait pas vraiment, mais qu'importait ? Tous le croyaient. C'était là l'essentiel. D'une voix calme et triste à la fois, suffisamment forte et renforcée pour être entendue de toute la ville, il commença à réciter son discours.

« Dryenois, Dryenoises. L'heure est grave. Certains s'en souviennent peut-être, il y a quinze ans, des royalistes ont assassinés vos parents, enfants, époux, épouses ou amis proche. Personne ne peut oublier une telle chose. Toutefois, je doute que chacun d’entre vous se souvient du commencement. Car, la guerre civile fut déclenchée par l’assassinat de deux honnêtes citoyens, fervents adorateurs de la démocratie, lors d’un attentat : Al et Lia Jewel… Mes parents. Finalement, les Conservateurs ont réussi à exiler les fauteurs de trouble. Mais aujourd'hui, l'histoire s'est répétée. Le 18 Septembre dernier, un dénommé Sund, venu d'on ne sait où, à tué tous les membres de l'Assemblée Générale, dans le seul but de s'approprier le pouvoir. Et il est parvenu à ses fins. On n'ignore tout de lui et de ses projets, on ne sait donc pas pourquoi il a volé le sceptre sacré d'Uen, notre bien aimée déesse de la Justice. Mais notre gouvernement, tel qu'il était, à disparu. C'est une certitude. Nous devons désormais obéir à ce parfait inconnu, sans savoir ou cela nous mènera. »

Ceci n'était qu'une simple constatation, des faits, bien que l'on puisse deviner la suite de ce discours. Quoi que. On pouvait encore douter. Il laissa planer le silence, comme tous les bons orateurs, avant de reprendre. La voix toujours emprunte d’une certaine tristesse, mais plus ferme, laissant paraître ce sentiment de révolte qui devait s’attiser dans chacun des cœurs.

« En tenant de tels propos, je sais que je mets ma vie en danger. Mais je refuse de laisser les choses telles quelles. Je m'oppose fermement à la Dictature de Sund. Nous sommes Libres, Dryenois, libres de choisir notre façon de vivre, de choisir nos dirigeants, nos destins ! Je défendrais jusqu'au bout le régime pour lequel mes parents sont morts. Je dispose déjà d’une personne à mes côtés, que je ne nommerais pas pour préserver sa sécurité, mais qui se trouve dans cette foule, qui sera mon bras droit en toute circonstance. Sachez que mon seul but est de rétablir le Gouvernement tel que nous l'avons toujours connu. Seul, la lutte est impossible. Ensemble, nous serons à même de renverser Sund le Tyran. Oui, renverser. »

D’un grand mouvement de bras rageur, Gabriel embrasa la foule désormais à ses pieds.

« Je vous laisse choisir votre camp. Je vous laisse libre de vos choix. Restez sourd à la souffrance des vôtres si cela vous chante. Assumez simplement vos actes, je ne blâmerai aucun d’entre vous. Si vous souhaitez me trouver, un sort vous guidera. »

Puis Gabriel, après un léger sourire, aussi léger qu'un papillon, laissa la statue de la divinité en paix, retournant parmi le commun des mortels. Il annula le sort d'amplification de sa voix et se glissa parmi la foule, jusqu’à se fondre parmi eux, se faisant oublier à l’aide d’un simple sort de dissimulation puis se faufila jusqu’à un coin reculé. June le rejoignit, aisément, insensible à sa magie. Elle lui offrit un sourire rassurant, et comme lui, observa l’impact des paroles de Gabriel sur les Dryenois. Certains étaient révoltés, d'autres relativement heureux de cette nouvelle. Il y en avait même, comme monsieur Lowy, qui annonçaient clairement qu'ils suivraient Gabriel jusqu'à la mort.

Mine assez sombre, adossé à un mur quelconque, il avait envie d'éclater de rire. Pauvre fou... Il allait payer son audace, comme bien d’autre. Se dresser contre Sund… Quel acte vain ! Il serait le maître tout puissant, et les habitants de l’île ne seraient que de simples distractions. Il savourait son génie : être à la tête de la résistance pourrait s’avérer très distrayant, pour le coup. Et assez délicat en même temps, puisque son bras droit et colocataire, cette jeune fille qui ressemblait tant à Sakura possédait le même don que cette dernière.
Le jeu de la manipulation allait enfin pouvoir commencer.
Et la course au Testament par la même occasion.


Dernière édition par Uen le Mar 30 Aoû - 10:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ◊ Histoire   Mar 30 Aoû - 9:51

Halloween, ou la grande humiliation.




Journal de June K. Lowy


Aujourd'hui, j'ai vu l'un de mes amis mourir.

La journée commençait bien pourtant. J'avais tellement hâte que les festivités commencent. Vous savez, ce gigantesque bal masqué pour Halloween ? Une tradition sur Al Dryen, qui dure depuis des lustres, et l'occasion de prouver au tyran que le peuple ne se laissait pas terrorisé. Il y avait de la musique enchanteresse, douce et lugubre à la fois. Tout le monde était paré de beaux atouts. C'était magnifique ; Gabriel m'a même accordé une danse.

Malheureusement, le Tyran aussi, s'est présenté. Il a demandé à son peuple de s'incliner. Une humiliation, pour nous autres, de la Rébellion. Avions-nous seulement le choix ? Un à un, réticents, nous avons cédés, parfois poussés par une âme un peu plus saine d'esprit. Je me réjouis qu'une main ce soit posée sur mon épaule pour m'intimer à poser le genoux à terre. J'aurais voulu que quelqu'un en fasse autant pour James Catterson.

« Non, » avait-il répondu. Quel fou.

Le Maître n'avait pas eu besoin de bouger le petit doigt. Peut-être avait-il donné des ordres au préalable, ou par la simple pensée, mais j'en doute. L'une de ses fanatiques, furieuse, s'est jeté sur lui, se transformant en bête en tout genre pour griffer, mordre, déchirer, torturer, tuer. Elle le dépeça sur place, sans aucune pudeur, proférant son odieux massacre, son meurtre ; il n'était plus rien qu'un tas immonde et répugnant de viscères, de chair et d'os. Certains avaient détourné les yeux. D'autres fixaient ce spectacle immonde d'une fascination morbide. Moi, c'était des larmes de rages qui m'échappaient. Le chagrin et l'ire se mêlaient en moi. J'en veux à Gabriel de ne pas avoir empêché ça. Où était-il donc ?

Quelqu'un - Sund ? Un subalterne ? Un habitant doué de pyrokinésie trop dégoûté du spectacle ? - se chargea de faire de la dépouille de feu James Catterson un bûcher. L'odeur de chair brûlée... J'ai le sentiment qu'elle me colle à la peau. Le Tyran s'en est allé, probablement satisfait.

J'ai demandé de l'aide à des collègues de la Résistance. On ramassé les restes de James. Consciencieusement, les morceaux plus ou moins calcinés, on les as balayés, rangés dans un carton, pour ensuite se rendre au cimetière et lui offrir une sépulture digne de ce nom. De mes mains nues, j'ai ramassé jusqu'à ses os, sans ciller. La seule pensée qui m'obsédait, c'était que ça aurait pu être moi. Et que Sund devait être éradiqué de cette ville au plus vite.

Oui, aujourd'hui, j'ai maculé mes mains de terre et de chair.
Aujourd'hui, j'ai vu James Catterson mourir.

Vous savez, vous, comment il était, James ? Il se pavanait en ville, et, d'un sourire charmant, complimentait une demoiselle. Moi, il m'offrait des lys et me témoignait sans cesse son admiration pour Gabriel Jewel. On s'amusait beaucoup, ensemble ; je retrouvais mon âme d'enfant et j'oubliais aussitôt mes soucis.

James, c'était le sourire de la Résistance.
James, c'est notre première perte.
James, l'imbécile, est aussi notre fierté.

Adieu, James.
Toi qui a su dire non.
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